Abidjan, 07 fév 2025 (AIP) – « Plus question d’être complices ou auteurs de l’excision en Côte d’Ivoire. Ce temps est révolu ! La page de l’hésitation doit être définitivement tournée », a clamé, jeudi 6 février 2025 à Abidjan, le président du Conseil d’administration de la Fondation Djigui la grande espérance, l’imam Cissé Djiguiba.
S’exprimant lors d’une conférence de presse marquant la Journée internationale de lutte contre les mutilations génitales féminines (MGF), il a insisté sur l’urgence d’intensifier les actions de sensibilisation et d’éradiquer cette pratique. « Le tabou autour des MGF doit s’effondrer. Il faut passer à des actions plus concrètes, plus fortes et plus engagées », a exhorté l’Imam Cissé.
Pour lui, le thème international de l’édition 2025, “Accélérer le rythme : renforcer les alliances et créer des mouvements pour mettre fin aux MGF”, illustre la nécessité d’une mobilisation collective pour atteindre la tolérance zéro d’ici 2030.
Depuis cinq ans, la Fondation Djigui la grande espérance, avec le soutien de partenaires techniques et financiers tels qu’AmplifyChange, l’Union Européenne, FON et Save the Children, a renforcé son action dans les régions du Bafing, du Kabadougou et du Folon, où la prévalence des MGF oscille entre 40 et 60 %, bien au-dessus de la moyenne nationale estimée à 21 %.
Déterminée à promouvoir l’abandon de toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles, la Fondation entend intensifier ses campagnes de proximité et ses actions de sensibilisation, en ciblant les jeunes, les femmes, les leaders religieux et les communautés locales et régionales. « Notre approche holistique intègre aussi des initiatives d’alphabétisation, de salubrité et d’inscription sur les listes électorales et autres, afin d’avoir un impact global sur les populations », a précisé l’imam Cissé.
Avec l’appui du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant et de la société civile, la Fondation a également piloté l’élaboration du Plan national de promotion de l’abandon des MGF en Côte d’Ivoire, une étape clé vers l’éradication définitive de cette pratique.
Les MGF désignent toute modification des organes génitaux féminins pour des raisons non médicales. Elles sont condamnées par plusieurs traités et conventions internationaux ainsi que par les législations nationales de nombreux pays.
Ces pratiques portent atteinte aux droits fondamentaux des femmes et des filles, notamment à leur santé et à leur intégrité corporelle, en violation de l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme qui garantit à toute personne un niveau de vie suffisant pour assurer son bien-être.
(AIP)
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