Ferkessédougou, 10 juin 2025 (AIP) – Les éleveurs de Ferkessédougou se sont dits très préoccupés par la multiplication des vols de bétail dans le département depuis plusieurs mois.
Lors d’un micro-trottoir réalisé le samedi 7 juin 2025 par l’AIP, Silué A. et Yeniysongui C., deux éleveurs du canton Palaka, ont rapporté avoir perdu une partie de leur troupeau début mai, à la suite d’un vol perpétré par des malfaiteurs.
“Nous ne sommes pas les seuls. Plusieurs de nos parents ont également perdu leur bétail, parfois par centaines de têtes, sans que les voleurs ne soient arrêtés”, a témoigné l’un d’entre eux.
Selon Ouattara M., agriculteur-éleveur, environ 2 000 têtes de bétail auraient été dérobées au premier trimestre de l’année 2025 dans les zones de Tièpké, Nambonkaha et Nambiriguékaha.
Sinali S., commerçant de bétail, affirme pour sa part avoir été victime d’un vol impliquant son propre bouvier, agissant en complicité avec des voleurs à la mi-mars.
Ces éleveurs dénoncent un sentiment d’abandon de la part des autorités sécuritaires. Bien qu’ils affirment une présence policière et militaire importante dans la région, ils déplorent le manque de résultats concrets et l’absence de suite donnée à leurs nombreuses plaintes.
Cette préoccupation a été réitérée lors d’une rencontre de sensibilisation organisée le 4 juin par la direction régionale des Ressources animales et halieutiques à Ferkessédougou, en marge des discussions sur la hausse du prix du kilogramme de viande et du bétail à l’approche de la Tabaski.
Les deux principales faîtières d’éleveurs de la région, l’Organisation professionnelle des éleveurs de Ferkéssédougou (OPEF) et l’Organisation professionnelle des éleveurs du Nord de la Côte d’Ivoire (OPEN-CI), ont interpellé à cette occasion les autorités compétentes sur l’urgence de la situation. « Nous sommes très inquiets et, jusque-là, rien n’est fait pour nous rassurer », a déploré le président de l’OPEF, Bocoum Moussa.
(AIP)
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