Abidjan, 16 juin 2025 (AIP) – Les Nations Unies ont annoncé, lundi 16 juin, une réduction historique de leur appel à l’aide humanitaire pour l’année 2025, ramenant leur plan mondial de 44 à 29 milliards de dollars, en raison des « coupes budgétaires les plus importantes jamais observées », selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA).
Ce réajustement d’ampleur contraint l’ONU à « hyper-prioriser » son aide pour 114 millions de personnes parmi les plus vulnérables, reléguant d’autres populations en détresse à l’arrière-plan.
« Nous avons été forcés de faire un tri de la survie humaine. (…) Le calcul est cruel et les conséquences déchirantes », a déploré le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Tom Fletcher, rapporte un communiqué de l’Organisation.
OCHA explique avoir recentré son aide sur les zones classées en niveaux 4 et 5, correspondant à des conditions humanitaires extrêmes ou catastrophiques, comme au Soudan, en RDC, au Myanmar ou encore à Gaza, menacée par une famine « critique ».
Cette contraction du budget est largement imputée à la décision des États-Unis, premier bailleur mondial, de supprimer plus de 90 % de ses financements internationaux via l’USAID. Les agences onusiennes craignent un effet domino sur les capacités de réponse face aux urgences globales.
Face à cette situation, les partenaires humanitaires adaptent leurs stratégies : aide en espèces pour préserver la dignité des bénéficiaires, ciblage des besoins vitaux et maintien de la protection des civils au cœur des priorités.
« Ce que nous demandons, c’est 1 % de ce que vous avez choisi de dépenser pour la guerre l’an dernier », a plaidé M. Fletcher. Pour lui, il ne s’agit pas que d’argent, mais de responsabilité mondiale et de solidarité.
(AIP)
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