Zuénoula, 21 juin 2025 (AIP) – Face à la recrudescence des violences basées sur le genre (VBG) dans les localités riveraines du complexe agro-industriel Sucrivoire, le centre social de Zuénoula a initié, du 21 mai au 19 juin 2025, une campagne de sensibilisation à l’endroit des populations environnantes et également celles vivant sur le site de l’usine en collaboration avec l’unité agricole intégrée de l’entreprise.
Cette initiative, selon le directeur du centre social de Zuénoula, Adaman Coulibaly, est née de l’analyse des données recueillies sur le terrain, faisant état d’une augmentation inquiétante des cas de VBG, notamment d’abus sexuels, de harcèlement et de violences conjugales dans la zone sucrière.
« Depuis deux à trois ans, nous constatons une fréquence élevée des actes de VBG autour du complexe. Cette situation, selon nos observations, serait liée à l’afflux de populations attirées par l’activité économique, ce qui engendre des tensions, des besoins nouveaux, mais aussi des comportements violents », a expliqué M. Koulibaly.
La campagne a couvert sept villages, dont Balogui, Boata et Duenoufla et Seizra 1 dans la sous-préfecture de Zanzra, ainsi que Kavaka, Goréta et Douanoufla dans la sous-préfecture de Zuénoula. Elle s’est clôturée le 19 juin 2025 par une formation des délégués du personnel de Sucrivoire, axée sur la compréhension des VBG en milieu professionnel.
« Nous savons qu’au sein des entreprises des cas de harcèlement, notamment psychologique et émotionnel, peuvent survenir entre des cadres et subalternes. Il était crucial d’amener les délégués à comprendre ce qu’est le VBG, à savoir l’identifier et à œuvrer pour un changement de comportement en entreprise », a-t-il ajouté.
En plus des travailleurs, les leaders communautaires et religieux des localités environnantes ont été associés à cette campagne, dans une approche inclusive visant à impliquer toutes les couches sociales. Une grande séance de sensibilisation communautaire a été organisée à la fin de la formation, pour discuter ouvertement des conséquences des VBG sur les victimes et sur la société.
Les participants ont salué l’initiative, soulignant que les échanges ont permis une meilleure compréhension des réalités vécues, souvent minimisées ou traitées par des règlements à l’amiable, au détriment des victimes.
« L’objectif n’est pas d’envoyer les gens en prison, mais de prévenir les actes de violence, d’éduquer la population et de renforcer la résilience des victimes. Nous avons montré l’impact psychologique profond que peut avoir un viol ou un harcèlement sur une personne, jusqu’au risque de suicide », a précisé le directeur social.
Dans la dynamique de pérennisation de ces actions, M. Coulibaly a annoncé l’installation prochaine de comités de protection villageois ainsi qu’une plateforme locale de gestion des cas, en lien avec les services sociaux et les autorités locales.
Le centre social prévoit également des sensibilisations ciblées au sein du collège moderne de Sucrivoire, pour atteindre les plus jeunes, et de nouvelles sessions de formation pour les cadres supérieurs de l’entreprise, à la demande même de la direction.
« Ce que nous recherchons, c’est un changement durable de comportement et la mise en place d’un dispositif communautaire fort pour lutter efficacement contre les violences basées sur le genre », a conclu M. Coulibaly, se réjouissant de l’adhésion totale de la population et du soutien affiché de l’entreprise.
(AIP)
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