Bouna, 11 juil 2025 (AIP)–L’Espace communautaire de la Volta Noire (ESCO Volta Noire) constitue aujourd’hui un cadre stratégique de coopération transfrontalière entre le Ghana, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, a indiqué son président Hien Philippe, au cours d’un entretien accordé à l’AIP le jeudi 10 juillet 2025 à Bouna.
Créé en 2019 sous l’impulsion de l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (UEMOA), cet espace s’étend sur plus de 93 000 km² pour une population estimée à 2,8 millions d’habitants vivant dans les régions du Upper West (Ghana), du Sud-Ouest (Burkina Faso) et du Bounkani (Côte d’Ivoire), toutes traversées par le fleuve Volta Noire.
La présidence de l’ESCO Volta Noire est assurée par l’Ivoirien Hien Philippe, président du conseil régional du Bounkani. Il a rappelé que l’initiative puise sa légitimité dans une histoire de coopération de terrain amorcée dès 2017 par des échanges informels entre élus locaux, notamment lors de manifestations culturelles et économiques transfrontalières.
M. Hien a souligné que c’est à partir de 2019 que cette volonté s’est structurée avec la création formelle de l’ESCO Volta Noire, appuyée par des cadres de gouvernance concertés et l’accompagnement des partenaires régionaux.
« Cet espace nourrit une ambition, celle de transformer les dynamiques frontalières en opportunités de développement collectif et durable », a-t-il indiqué.
Le positionnement géographique de l’espace Volta Noire en fait un territoire stratégique, exposé à des défis majeurs tels que l’insécurité liée à l’expansion du terrorisme, la gestion des flux migratoires, la préservation des ressources naturelles partagées et les effets du changement climatique.

Pour le président de l’espace Volta Noire, ces enjeux complexes appellent à une réponse commune, fondée sur le dialogue, la concertation et la solidarité transfrontalière. Face à ces réalités, il a été envisagé l’élaboration du Schéma d’aménagement transfrontalier intégré (SATI) un outil axé sur un processus de planification.
« Ce processus va permettre de poser un diagnostic global sur les besoins et les potentialités du territoire, tout en définissant des actions structurantes répondant aux attentes des populations. Il s’agit de favoriser la cohésion sociale, de sécuriser les zones sensibles, d’améliorer l’accès aux infrastructures de base et de renforcer l’attractivité économique du corridor Volta Noire », a soutenu Hien Philippe.

À travers l’ESCO Volta Noire, les trois pays partenaires entendent construire un modèle de coopération transfrontalière exemplaire, porté par les communautés locales, les autorités régionales et les institutions sous-régionales. L’objectif est clair, faire de cet espace un levier d’intégration, de paix et de prospérité partagée au cœur de l’Afrique de l’Ouest.
(AIP)
on/cmas

