Bouaké, 11 juil 2025 (AIP)- Le projet de renforcement de la capacité d’adaptation et de résilience des communautés rurales au changement climatique dans le bassin versant du Bandama (PACCB) a été officiellement lancé vendredi 11 juillet 2025 à la salle de conférence du stade de la paix de Bouaké par le ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, Jacques Assahoré, également président du conseil régional de Gbêkê.
Conçu en 2021, le projet vise à remédier aux principales vulnérabilités climatiques des communautés rurales dans les secteurs de l’agriculture et de la gestion des ressources en eau. Il poursuit quatre objectifs spécifiques, à savoir, l’augmentation de la productivité agricole, la protection des moyens de subsistance alternatifs des jeunes et des femmes, la création d’un cadre réglementaire et le renforcement des capacités institutionnelles.
Le projet prévoit aussi de renforcer les compétences des conseillers régionaux sur les questions d’adaptation et d’intégration de la planification climatique dans le développement local.
Selon le coordonnateur, Jean Yves Andé, le projet bénéficiera indirectement à plus de 93 000 exploitants agricoles, dont 45 % de femmes et 40 % de jeunes. Il concernera, notamment, plus de 4 000 producteurs de riz, plus de 5 000 producteurs de cacao, plus de 5 600 producteurs de manioc, ainsi que 1 000 entreprises ou coopératives agricoles.
Le PACCB sera mis en œuvre dans les régions de Gbêkê, du Bélier et de la Marahoué. Il repose sur trois composantes principales.
La première composante porte sur l’installation de systèmes de formation climatique et d’alerte précoce, liés à la planification des chaînes de valeur du manioc, du cacao et du riz. Elle prévoit l’installation de 18 stations agro-météorologiques et de 150 pluviomètres dans les trois régions.

Elle comprend aussi le renforcement des capacités de la SODEXAM et des entreprises de télécommunications pour la diffusion de l’information climatique, la formation de 10 000 petits exploitants agricoles et de 100 agents vulgarisateurs sur l’agriculture résiliente au climat, ainsi que la mise en place d’un programme de renforcement des capacités des autorités gouvernementales et des collectivités locales.
La deuxième composante concerne la production agricole post-récolte et la diversification des moyens de subsistance. Elle prévoit la création de parcelles de démonstration sur les techniques de reboisement et d’agroforesterie, l’accès des petits exploitants à des technologies de production agricole adaptées au climat, la construction de 20 étangs piscicoles, la formation de femmes et de jeunes à la pisciculture, ainsi que la création de fermes piscicoles axées sur la production de tilapia.
La troisième composante, institutionnelle, vise le renforcement des capacités des structures étatiques, notamment, les ministères de l’Environnement, de l’Agriculture, des Eaux et Forêts, et des Ressources animales et halieutiques, ainsi que des conseils régionaux. Elle prévoit également le renforcement des capacités locales de la SODEXAM pour la collecte et la diffusion des données météorologiques, et la mise en place d’un système local de suivi et de rapportage des activités du projet.
Le PACCB est mis en œuvre avec l’appui technique du FIDA, de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
Le ministre Jacques Assahoré a invité les acteurs de terrain, ainsi que les partenaires institutionnels et techniques, à se mobiliser pour garantir le succès du projet. Il a exhorté les bénéficiaires à une appropriation effective du projet, à une utilisation optimale des infrastructures et équipements, et à un engagement en faveur de sa pérennisation.
Il a salué le rôle du Programme national Changements Climatiques (PNCC) dans l’élaboration du projet et a encouragé cette structure à poursuivre la mobilisation des ressources climatiques internationales et la coordination des politiques nationales de lutte contre les effets du changement climatique.
Le ministre a adressé ses remerciements aux partenaires techniques et financiers, notamment, le Fonds international pour le développement agricole (FIDA), représenté à la cérémonie par le directeur pays, Messan Fumilayo Herman, le PNUD et la FAO, pour leur appui à la conception et à la soumission du projet.
Le projet bénéficie d’un financement de six millions de dollars du Fonds d’adaptation, soit environ 3,3 milliards FCFA. Le FIDA, partenaire de mise en œuvre, a signé avec le gouvernement ivoirien l’accord de financement pour sa réalisation.
(AIP)
rkk

