Abidjan, 22 juil 2025 (AIP) – La ministre française de la Culture, Rachida Dati, a été renvoyée devant un tribunal correctionnel le mardi 22 juillet, dans le cadre de l’affaire Carlos Ghosn, a-t-on appris de source judiciaire.
L’ancienne garde des Sceaux est soupçonnée de corruption, trafic d’influence passif, recel d’abus de pouvoir et abus de confiance, pour des prestations de conseil facturées à Renault-Nissan alors qu’elle était députée européenne entre 2010 et 2012.
Selon le parquet national financier (PNF), Rachida Dati aurait perçu 900 000 euros pour une mission de conseil, considérée par la justice comme le cache-sexe d’un pacte corruptif, visant à favoriser les intérêts du groupe automobile au Parlement européen.
L’ancien patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, exilé au Liban depuis sa fuite du Japon en 2019, est également renvoyé devant la justice pour corruption, trafic d’influence actif, abus de pouvoir et abus de confiance. Il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international depuis avril 2023.
Le contrat entre Mme Dati et la filiale néerlandaise de Renault-Nissan, signé en 2009, est au cœur des soupçons. Les juges estiment que la ministre a mené des actions de lobbying, interdites pour un parlementaire européen, en faveur du constructeur automobile sans que ces activités n’aient été déclarées à l’institution.
Mme Dati et ses avocats ont fait appel de cette décision, contestant la procédure et soulevant des arguments sur la prescription des faits. Elle est convoquée fin septembre devant le tribunal pour connaître la date de l’audience.
Le président Emmanuel Macron a déclaré par la voix de son entourage avoir “pris note” du renvoi, rappelant qu’un renvoi ne vaut pas condamnation et que Mme Dati poursuit à ce stade ses fonctions ministérielles.
(AIP)
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