Abidjan, 13 août 2025 (AIP) – Près d’une Africaine sur quatre est entrepreneure, mais 87 % des associations de femmes manquent de compétences en gestion financière, limitant leur contribution au développement économique, selon une étude inédite présentée le 6 août 2025 à Nouakchott, en Mauritanie, par la Banque africaine de développement (BAD).
Réalisée dans 16 pays, une cartographie met en lumière à la fois les défis et les perspectives d’avenir des 409 associations féminines recensées. Si seulement 29 % d’entre elles disposent de partenariats avec des institutions financières, l’étude révèle aussi des initiatives exemplaires capables d’inspirer des actions concrètes, notamment en Mauritanie où la dépendance aux cotisations des membres atteint 83 % des ressources.
« L’avenir de l’Afrique s’écrit avec ses femmes entrepreneures. Ensemble, nous pouvons faire de cette étude un modèle continental de développement inclusif », a affirmé la cheffe de la Division société civile et engagement communautaire de la BAD, Zeneb Touré, appelant à une mobilisation collective.
L’atelier de Nouakchott, qui a rassemblé associations, société civile, institutions publiques, établissements financiers et partenaires au développement, a été un espace de co-construction. Les participants y ont identifié les besoins prioritaires, posé les bases d’un programme panafricain de renforcement des capacités et lancé une dynamique collaborative nationale pour reproduire les bonnes pratiques et développer des partenariats stratégiques.
Pour la présidente du Conseil mauritanien des femmes d’affaires, Fatimetou Mint Sidi Mohamed O. Elvil, les associations regorgent de potentiel, mais elles ont besoin d’un accompagnement structuré pour démultiplier leur impact.
Depuis 2016, à travers son initiative AFAWA (Affirmative Finance Action for Women in Africa), la BAD a déjà acheminé plus de 1,2 milliard de dollars aux entreprises dirigées par des femmes, en partenariat avec 185 institutions financières, dans le but de combler un déficit d’accès au financement estimé à 42 milliards de dollars.
L’étude de Nouakchott marque une étape décisive : transformer les statistiques en solutions, et les défis en opportunités, pour faire des femmes entrepreneures africaines des actrices incontournables de la croissance inclusive du continent.
(AIP)
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