Abidjan, 25 août 2025 (AIP)– Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) de l’ONU a dénoncé des attaques à caractère ethnique dans le Darfour soudanais, faisant au moins 90 morts civils en dix jours, principalement dans les camps de Zamzam et d’Abu Shouk, où résident des dizaines de milliers de déplacés.
Selon le bureau onusien, 16 victimes ont été exécutées sommairement, certaines tuées après avoir révélé leur appartenance tribale. Dans le camp d’Abu Shouk, la majorité des morts appartenaient à la tribu des Zaghawa, tandis que dans la région d’El Fasher, des membres de la tribu des Berti ont été ciblés. Ces violences nourrissent une inquiétude croissante d’embrasement communautaire.
Depuis avril 2023, le Soudan est en proie à un affrontement entre l’armée nationale et les Forces de soutien rapide (FSR), sous commandement de Mohammed Hamdan Daglo, dit « Hemetti ». Le siège prolongé d’El Fasher, combiné aux attaques contre les convois humanitaires – dont 16 camions du Programme alimentaire mondial visés le 20 août à Mellit – aggrave une situation déjà dramatique.
La crise alimentaire s’ajoute à une épidémie de choléra, qui a infecté près de 6.500 personnes et provoqué 130 décès dans le Darfour depuis mai 2025. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) souligne que près de 40 % des hôpitaux sont hors service et que plus de 60 % fonctionnent partiellement, en raison de l’insécurité, de la pénurie de médicaments et du manque de personnel.
Dans ce contexte, la population civile est piégée entre famine, violences ethniques et effondrement sanitaire.
(AIP)
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