Abidjan, 16 nov 2025 (AIP) – Un réseau de pays touchés par les conflits et la fragilité a alerté le mardi 11 novembre 2025 à Belém (Brésil), sur leur “exclusion” persistante des mécanismes de financement climatique, malgré l’engagement affiché par la COP30 de placer “les personnes au centre” de l’action climatique.
Dans une déclaration publiée en marge des négociations, le Réseau pour un accès amélioré et équitable au financement climatique – qui regroupe désormais dix États, dont le Burundi, la Mauritanie, la Somalie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée – affirme que plus d’un milliard de personnes vivant dans des pays affectés par les conflits, la violence ou une gouvernance fragile “restent en marge” des fonds d’adaptation climatique.
Selon ce groupe, ces pays n’ont reçu que 10% du financement climatique mondial en 2022, alors qu’ils figurent parmi les plus exposés aux impacts du changement climatique. Les obstacles évoqués incluent des procédures longues, des exigences de candidature strictes et le manque d’instruments financiers flexibles.
Lors d’un événement parallèle, le ministre yéménite de l’Eau et de l’Environnement, Tawfiq Al-Sharjabi, a dénoncé des “procédures complexes” et des capacités techniques limitées qui entravent l’accès aux fonds.
Son homologue somalien de l’Environnement, Bashir Mohamed Jama, a souligné que la Somalie reçoit “un peu plus de 300 millions de dollars” de financements climatiques par an, soit moins de 1% de ses besoins d’adaptation, contre 1,1 milliard USD d’aide humanitaire annuelle. Une situation qui révèle, selon lui, “un échec accablant du système de développement mondial”.
Alors que la COP30 discute de l’ambition de mobiliser 1,3 billion de dollars supplémentaires pour l’action climatique, les membres du Réseau appellent les fonds climatiques et les banques de développement à réformer leurs mécanismes d’allocation pour que les financements atteignent effectivement les populations vivant dans des zones de conflits ou de crises humanitaires. Ils insistent aussi sur la nécessité de soutenir des programmes de résilience à long terme plutôt que des interventions uniquement post-catastrophe.
Trois nouveaux pays – la Mauritanie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et le Soudan du Sud – ont rejoint le Réseau en 2025.
L’adaptation climatique étant l’un des dossiers majeurs de la COP30, les États fragiles craignent que leur marginalisation ne renforce les vulnérabilités et n’aggrave l’instabilité dans plusieurs régions. “Le changement climatique amplifie les pressions qui alimentent les conflits et les déplacements”, a rappelé Asif R. Khan, responsable au Département des affaires politiques et de la consolidation de la paix de l’ONU, citant notamment les tensions liées à l’accès à l’eau en Afrique de l’Ouest.
Pour l’Irlande, représentée par son ministre d’État Neale Richmond, une réponse efficace doit combiner paix, développement et adaptation climatique afin de “soutenir en premier les populations les plus laissées-pour-compte”.
(AIP)
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