Abidjan, 20 nov 2025 (AIP) – Construite sur les rives du fleuve Amazone, dans la commune brésilienne de Barcarena, l’école municipale Maria Naura Gouvêa est devenue, en trois ans, un exemple international d’adaptation aux effets du changement climatique, à l’heure où Belém accueille la COP30.
Édifiée en maçonnerie résistante aux inondations, dotée de panneaux solaires, d’une toiture isolante et d’un puits d’eau potable, l’école offre un environnement d’apprentissage sûr et durable pour les enfants d’une région exposée aux sécheresses, à l’érosion et à la montée des eaux. L’accès à Internet par satellite y renforce également la continuité pédagogique pour des élèves dépendant souvent du transport fluvial.
En visite sur le site, le directeur du Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNDRR), Kamal Kishore, a salué un « modèle inspirant » et appelé à la création de 100 000 écoles similaires dans les zones vulnérables à travers le monde. La commune de Barcarena a, pour sa part, été désignée en 2023 comme 25ᵉ pôle mondial de résilience, une première en Amazonie.
Le maire Renato Ogawa a souligné les défis auxquels sont confrontés les élèves : accès perturbé selon les marées, érosion des berges et salinisation croissante des rivières qui affecte la pêche, principale source d’alimentation locale. Des ouvrages de protection ont dû être construits pour enrayer ces phénomènes.

La visite officielle a également mis en avant le rôle des autorités locales dans la lutte contre les effets du changement climatique. La directrice exécutive d’ONU-Habitat, Anaclaudia Rossbach, a plaidé pour que la COP30 renforce l’agenda urbain et soutienne davantage les collectivités confrontées à des conditions de vie précaires. Elle a insisté sur la nécessité d’investissements durables dans les infrastructures, notamment dans les secteurs de l’eau, de l’assainissement et du logement.
Le ministre brésilien des Villes, Jader Filho, a indiqué que l’école de Barcarena constitue « une exception » dans la région, mais démontre le potentiel d’un modèle éducatif résilient lorsque financement, innovation et volonté politique convergent.
Les élèves ont présenté plusieurs projets axés sur l’environnement, dont la transformation d’huile usagée en savon, la fabrication de teintures naturelles ou encore la plantation d’arbres pour atténuer les fortes chaleurs, illustrant l’intégration de la préparation aux risques dans les programmes scolaires.
La visite s’est conclue par la signature d’un protocole de coopération pour l’élaboration d’un plan municipal de réduction des risques de catastrophe et par la publication d’un rapport conjoint de l’UNDRR et du PAM sur la sécurité alimentaire à Barcarena, a rapporté ONU.Info le jeudi 20 novembre 2025.
(AIP)
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