Abidjan, 24 nov 2025 (AIP)- Le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, à travers la Direction de la protection de l’enfant (DPE), en partenariat avec Save the Children, a organisé une table ronde marquant la Journée internationale des droits de l’enfant et la Journée de l’industrialisation de l’Afrique.
Dès l’ouverture de cette table ronde, jeudi 20 novembre 2025, à Abidjan , les intervenants ont dressé un constat préoccupant : les initiatives actuelles en matière de protection de l’enfant restent très en deçà des besoins réels, malgré les efforts déjà consentis par l’État et ses partenaires.
Présents aux échanges, Traoré Fatoumata Bintou, point focal OG16 du ministère de la Femme de la Famille et de l’Enfant ), Kokora Jonas du comité l’intersyndicale de la Lutte contre le travail des enfants), Gasso Ruth Sara, de la Plateforme nationale des organisations d’enfants, Coulibaly Abdoul, de la coalition des organisations d’enfants de San-Pedro, Donatien Ahoco, de la Fondation internationale cocoa initiative ICI et Jaures Kouassi de l’ONG Save the Children, ont pointé avec insistance plusieurs insuffisances majeures qui compromettent l’efficacité des actions menées sur le terrain.
La première insuffisance relevée concerne le manque de coopération de certaines entreprises multinationales, accusées d’appliquer en Côte d’Ivoire des normes de protection nettement inférieures à celles pratiquées dans leurs pays d’origine.

Selon les intervenants, cette situation limite fortement l’impact des programmes existants, tout affirmant que « des portes restent encore fermées », empêchant l’accès à des informations clés et freinant la mise en place de solutions durables.
Les acteurs ont également dénoncé une mobilisation insuffisante des entreprises locales, malgré des invitations et courriers régulièrement envoyés.
Cette absence d’implication, ont-ils souligné, affaiblit les dispositifs de prévention et accentue le manque de coordination entre ONG, secteur privé, institutions publiques et communautés, créant des fractures structurelles dans la chaîne de protection.
Sur le plan communautaire, les intervenants ont mis en avant l’incompréhension persistante de nombreux parents face aux risques liés au travail des enfants, à l’exploitation ou aux vulnérabilités émergentes. Cette faible adhésion complique les campagnes de sensibilisation et rend les initiatives souvent moins efficaces qu’espéré.
À ces difficultés, ils ont ajouté des contraintes financières. Pour eux, la crise économique mondiale a réduit les ressources disponibles, limitant la portée des actions sur le terrain.
Les intervenants ont également alerté sur de nouveaux défis sociétaux mal couverts par les initiatives actuelles, notamment la sécurité numérique, l’augmentation de la consommation de drogues chez les jeunes et les impacts environnementaux des activités économiques.
Ils ont par ailleurs, relevé la faiblesse du dialogue entre enfants et adultes, ainsi que l’incapacité de plusieurs entreprises à évaluer correctement l’impact de leurs activités sur le bien-être des enfants, particulièrement dans les communautés et le secteur informel.
Face à cette accumulation d’insuffisances, les intervenants ont appelé à un engagement beaucoup plus fort, cohérent et durable du secteur privé, estimant que les actions de responsabilité sociale ponctuelles ne suffisent plus à répondre aux enjeux actuels.
Représentant la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Mme N’Guessan Seka Victoire Valérie a remercié les acteurs présents et les partenaires techniques avant d’encourager une mobilisation accrue pour que les droits des enfants soient garantis partout, même dans les localités les plus reculées du pays.
( AIP)
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