Abidjan, 02 déc 2025 (AIP)- Le gouvernement bissau-guinéen estime, six jours après le coup d’État qui a renversé le président Umaro Sissoco Embaló, que la voie vers un retour à l’ordre constitutionnel passe par une collaboration renforcée avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), rapportent mardi 2 décembre 2025 plusieurs médias internationaux.
« La solution pour le retour à l’ordre constitutionnel est de continuer à collaborer avec la CEDEAO », a déclaré le ministre bissau-guinéen des Affaires étrangères, João Bernardo Vieira, qui attend la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation prévue le 14 décembre pour connaître les étapes du processus.
Lundi, une délégation de la CEDEAO s’est rendue à Bissau pour rencontrer les deux parties en présence, trois jours après la nomination de l’ex-ministre des Finances, Ildio Vieira, au poste de Premier ministre. Le président déchu, Umaro Sissoco Embaló, s’est quant à lui exilé au Congo-Brazzaville, « pour y rester », selon une source proche de la présidence congolaise.
Samedi, malgré l’exil accordé par Dakar à l’ancien chef de l’État, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a dénoncé « une combine » visant à empêcher une alternance à l’issue de la présidentielle du 23 novembre. Il a appelé la commission électorale à « rendre au gagnant sa victoire ».
Jeudi, le général Horta N’tam, ancien chef de l’armée de terre sous le régime destitué, a été investi « président de la transition ». Il a promis une « lutte vigoureuse contre le trafic de drogue et la corruption ».
Dans le même temps, l’opposant Domingos Simões Pereira, annoncé en exil au Nigeria après l’invalidation de sa candidature par la Cour suprême pour dépôt « hors délai », a été arrêté. Cette interpellation s’ajoute à celles du chef d’état-major général, le général Biaguê Na Ntan, de son adjoint, le général Mamadou Touré, ainsi que du ministre de l’Intérieur, Botché Candé.
Avant le coup d’État, le climat politique était déjà tendu. Les détracteurs d’Umaro Sissoco Embaló affirmaient que son mandat avait pris fin dans la nuit du 4 au 5 septembre 2025, conformément à la Constitution, alors que lui-même entendait rester en fonction jusqu’au scrutin du 23 novembre.
(AIP)
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