Abidjan, 5 déc 2025 (AIP) – Le candidat à l’élection présidentielle ivoirienne d’octobre 2025 et vice-président de l’Alliance Internationale des BRICS, Ahoua Don Mello, a lancé à Moscou un appel en faveur d’un « Plan Marshall » pour répondre simultanément aux défis sécuritaires, économiques et politiques auxquels fait face l’Afrique, en particulier les pays du Sahel, selon un communiqué transmis à l’AIP.
Intervenant lors de la conférence antiterroriste BRICS+ organisée par le ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Dr Ahoua Don Mello a replacé la crise sahélienne dans une longue perspective historique. Il a évoqué la période de prospérité des anciens empires du Ghana et du Mali, avant les ruptures provoquées par l’esclavage transatlantique, la colonisation et la Françafrique. Selon lui, cette histoire occultée continue d’alimenter des déséquilibres qui influencent encore les relations internationales et la perception de l’Afrique.
Don Mello a rappelé les bouleversements politiques récents et l’impact de la chute du régime libyen en 2011, qui a entraîné le retour de combattants et la création de nouveaux groupes armés. Des organisations telles que le MNLA, Ansar Dine, le JNIM ou l’EIGS ont progressivement étendu leur influence, rendant la situation sécuritaire particulièrement instable. Malgré l’intervention française en 2013 et l’appui militaire russe plus récemment, les attaques se sont multipliées, aggravant la crise humanitaire et provoquant des millions de déplacés.
Face à ce constat, Dr Ahoua Don Mello a appelé les pays membres des BRICS+ et la Banque des BRICS à prendre l’initiative d’un vaste programme de développement pour restaurer l’autorité de l’État, relancer l’économie, assurer la sécurité alimentaire et garantir la stabilité régionale. Il a souligné que l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, dispose d’un potentiel immense en blé, uranium, or, pétrole et hydrogène naturel, à condition de recouvrer une souveraineté pleine sur ces ressources.
Le vice-président de l’Alliance Internationale des BRICS a estimé que l’issue du combat contre le djihadisme dans le Sahel aura des conséquences pour l’ensemble du continent africain. Il a affirmé que le moment est venu pour les partenaires du Sud global de proposer une alternative solide au modèle d’intervention occidental qui a échoué à ramener la stabilité au Sahel. La conférence, placée sous le thème « Stratégies nationales et régionales de lutte contre le terrorisme face aux nouveaux défis et menaces émergents pour la sécurité », se tenait les 3 et 4 décembre 2025.
(AIP)
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