Gagnoa, 5 déc 2025 (AIP) – Le préfet de la région du Gôh, Fofana Lancina, a interdit par arrêté la pratique de l’ordalie consistant à porter un cercueil pour désigner un présumé coupable avant l’inhumation, a annoncé le sous-préfet de Gagnoa, Soumahoro Moussa, jeudi 4 décembre 2025 à Dougroupalégnoa, en présence du député de la circonscription, Maurice Kakou Guikahué.
Le sous-préfet a rappelé aux populations que « toute pratique en lien avec l’ordalie dans le département, exposera les auteurs aux sanctions prévues par les lois et règlements en vigueur », en donnant lecture de l’arrêté préfectoral.
Face aux interrogations des habitants et de la chefferie, il a indiqué que sans se prononcer sur le sens attribué à cette pratique, celle-ci crée des troubles à l’ordre public sans apporter de preuve « matériel » de culpabilité.
« J’ai été témoin de fait où le cercueil porté par des personnes autres que ceux préalablement désignés, ou le cercueil mis dans un véhicule, n’a plus fait de demi-tour pour aller désigner ou casser la maison de la personne antérieurement désignée coupable », a-t-il expliqué.
Soumahoro Moussa a également présenté un second arrêté, signé le 25 septembre 2025, qui interdit toute inhumation en dehors des cimetières « régulièrement aménagés » et reconnus par l’administration. Toute inhumation dans une propriété privée doit désormais être autorisée par écrit par le préfet du Gôh.
Il a averti que toute inhumation réalisée hors du cadre légal exposera son auteur à des sanctions et entraînera « l’exhumation du corps à ses dépends ».
Le député Maurice Kakou Guikahué a salué ces rappels. « C’est vraiment important, puisque nous en avons été victime dans mon village de Dikouéhipalégnoa », a-t-il déclaré. Il a indiqué qu’une « personnalité importante » y avait été enterrée hors du cimetière. « Cinquante ans après sa mort, l’exhumation a eu lieu et le corps repose désormais au cimetière de notre village », a-t-il relaté.
Cardiologue de formation, le député a souligné que l’inhumation dans les concessions peut constituer un risque pour la nappe phréatique.
L’ordalie a longtemps été pratiquée dans plusieurs régions du pays, notamment dans le Gôh, où elle était censée permettre au défunt de désigner l’auteur de sa mort.
(AIP)
dd/haa

