Bouaké, 05 déc 2025 (AIP)- Les populations de Bouaké ont été invitées jeudi 04 décembre 2025 à dénoncer les violences basées sur le genre (VBG) à l’égard des femmes et des filles, lors de la célébration de la 35e édition des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, organisée sur le thème « Tous unis contre les violences numériques et les féminicides : prévenir, protéger, dénoncer », .
L’appel a été lancé au terme d’une marche de protestation initiée par la direction régionale de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, avec l’appui technique et financier du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), suivie d’une séance de sensibilisation animée par l’assistante sociale et point focal VBG du Centre social de Bouaké, Ouattara Maboundou.
Elle a exhorté les participants à encourager la dénonciation des violences et à orienter les victimes vers les structures de prise en charge, notamment, les centres sociaux.
« Dénoncez les violences faites aux femmes et aux jeunes filles. Orientez les victimes vers les structures de prise en charge. N’acceptez pas le règlement à l’amiable des délits de viol, très fréquent dans certaines localités », a-t-elle déclaré.
Le directeur régional de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Samassi Mary, a également appelé à une tolérance zéro contre les VBG, en insistant sur la dénonciation systématique des auteurs afin de permettre leur sanction et la prise en charge des victimes. Il a présenté les actions menées depuis 2019 par l’État et ses partenaires dans le cadre de la Stratégie nationale de lutte contre les VBG.
Selon lui, ces actions portent entre autres sur la mise en place de plateformes régionales, les campagnes de sensibilisation communautaires et de masse ainsi que la prise en charge holistique des victimes.
M. Samassi a communiqué des données statistiques faisant état d’une progression du phénomène. Le nombre de cas enregistrés au niveau national est passé de 3 193 en 2019 à 9 607 en 2024, dont 6 641 enfants victimes. Il a indiqué que la région de Gbêkê occupe la quatrième place avec 744 cas, soit 7,74 %, derrière le district d’Abidjan (1 592 cas, soit 16,57 %), le Sud-Comoé (815 cas, soit 8,48 %) et le Haut-Sassandra (769 cas, soit 8 %).
Il a ajouté que pour les dénis de ressources, d’opportunités ou de services, la région de Gbêkê occupe la deuxième place avec 457 cas, derrière le District autonome d’Abidjan qui en compte 790.
La manifestation s’inscrit dans la campagne annuelle des 16 jours d’activisme, visant à mobiliser les communautés, renforcer la prévention et encourager le signalement des actes de violence, afin de renforcer la réponse nationale contre les VBG.
(AIP)
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