Bondoukou, 8 déc 2025 (AIP) – Save the Children a accompagné la tenue de quatre panels de sensibilisation sur les violences subies par les jeunes filles travailleuses domestiques et leur lien avec la traite des enfants en Côte d’Ivoire, à Tanda et à Bondoukou, dans la région du Gontougo.
Ces panels se déroulent, à l’occasion des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (VBG), dans le cadre du projet Pacte pour la Protection de l’Enfance (CPC), selon un communiqué transmis à l’AIP lundi 8 décembre 2025.
Les deux premiers panels ont eu lieu à la sous-préfecture de Tanda les 4 et 5 décembre, tandis que les deux suivants sont programmés les 8 et 9 décembre à la préfecture de Bondoukou.
Ces activités visent à sensibiliser au moins 170 participants sur les violences basées sur le genre et la traite des enfants dans le cadre du travail domestique. Les échanges ont porté sur l’état des lieux des VBG dans la région, les conséquences de ces violences sur les enfants et la communauté, le lien entre VBG et traite des enfants via le travail domestique, ainsi que les perspectives pour une meilleure prévention et détection précoces.
A la suite des panels qui ont eu lieu à Tanda, Mme Mariam Ouattara, participante au premier panel, a salué l’initiative de Save the Children, estimant qu’elle vient à point nommé pour protéger les femmes et les filles victimes d’abus. Elle a raconté que, plus jeune, elle avait travaillé à Abidjan et que sa tante percevait son salaire. « J’ai gagné en confiance et je suis sereine après ces échanges », a-t-elle déclaré.
Madame Bintou Traoré, participante au deuxième panel, a affirmé que cette initiative permettra de protéger de nombreuses familles, notamment les filles et femmes victimes de maltraitance. Elle a rappelé que ces situations de violences peuvent être dénoncées auprès des centres sociaux ou via les numéros verts mis à disposition.

Selon Save the Children, le travail domestique informel demeure l’un des principaux secteurs où se manifestent l’exploitation économique, la servitude domestique et les violences physiques, psychologiques ou sexuelles.
« En Côte d’Ivoire, ce secteur, qui emploie environ deux millions de personnes, reste largement informel. Entre 2021 et 2023, l’ADDAD-Côte d’Ivoire, en collaboration avec le Syndicat national des travailleurs et travailleuses domestiques, a enregistré 673 plaintes liées à des abus physiques et verbaux, à des cas de viol ou à l’absence de rémunération », précise le communiqué.
Le projet CPC est financé à hauteur de 9 millions de dollars américains, soit 4,5 milliards de FCFA, par le Bureau de Lutte contre la Traite des Personnes du Département d’État des États-Unis, dans le cadre du partenariat signé entre les États-Unis et la Côte d’Ivoire en 2022.
Ce partenariat vise à coordonner et cibler les efforts de prévention à l’échelle nationale, faciliter l’accès aux services de protection pour les enfants victimes de traite via une approche centrée sur la victime et tenant compte des traumatismes, renforcer les capacités du secteur de la justice pour identifier, enquêter, poursuivre et condamner les auteurs en appliquant les cadres juridiques existants, et promouvoir la coordination entre ministères, société civile et communautés, conclut le communiqué.
Plusieurs personnalités des structures étatiques et non étatiques ont pris part aux panels, parmi lesquelles, Benjamin Angaman de la Direction de la protection de l’enfance, le directeur régional du Travail du Gontougo, Beugré N’Goran, la directrice régionale de la Femme, de la Famille et de l’Enfant du Gontougo, Kouamé Zamblé Affoué Louise, Mme Anzata Gbane de la Direction Régionale de la Protection Sociale et Mme Maminata Sanou de Save the Children.
(AIP)
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