Abidjan, 30 dec 2025 (AIP)- L’année 2025 a été marquée par des événements significatifs dans le paysage sociopolitique de la Côte d’Ivoire, singulièrement l’élection du président de la République en octobre, qui a cristallisé tous les débats. Toutefois des avancées et des défis ont jalonné cette année, façonnant le quotidien des populations et influençant le climat politique du pays.
Politique : Tensions et Incertitudes
La scène politique ivoirienne a été dominée par les préparatifs de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Plusieurs figures politiques majeures étaient en lice, dont le président du Parti des peuples (PPA-CI), Laurent Gbagbo, le président du parti démocratique de Tidjane Thiam, l’ex préfet d’Abidjan, Vincent Toh Bi Irié, Jean-Louis Billon et bien d’autres, chacun représentant des courants politiques distincts. Cependant, des tensions persistent, notamment autour de la réforme électorale et de la composition de la Commission électorale indépendante (CEI).
Laurent Gbagbo, ancien président, est désigné candidat officiel du PPA-CI malgré sa radiation de la liste électorale due à une condamnation à 20 ans de prison pour le braquage de la BCEAO. Tidjane Thiam, leader du PDCI-RDA, a fait face à des démêlées judiciaires qui ont conduit à sa radiation des listes électorales en raison de sa double nationalité, qu’il a depuis renoncée.
Des arrestations ont été enregistrées dans le contexte de la présidentielle. Plusieurs marches de protestation ont été organisées par l’opposition significative, notamment le PDCI-RDA, le PPA-CI qui réclamaient selon eux le respect de la Constitution et la réintégration de leurs leaders sur les listes électorales.
L’élection du président de la République a finalement consacré la victoire du président sortant, Alassane Ouattara, président du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).
L’une des caractéristiques les plus notables de 2025 a été la préparation des élections locales, notamment les législatives programmées pour la fin de l’année. La Côte d’Ivoire a connu des élections législatives en décembre, gérées par des décrets et des décisions de la Commission électorale indépendante (CEI) fixant les modalités (lieux de vote, accès presse, durée de campagne), suite à des tensions politiques persistantes, notamment autour de la candidature présidentielle de 2025 et de disqualifications, avec des appels de la société civile pour des réformes plus larges (Code électoral, CEI, listes électorales) avant les futures échéances, comme la présidentielle, pour garantir la confiance et la paix.
Principales actions
Il y a eu la prise de décrets et décisions spécifiques. A cet effet, plusieurs décrets ont été publiés en octobre 2025 concernant l’organisation des législatives de décembre, notamment sur la réquisition de fonctionnaires, le nombre de bureaux de vote, l’accès aux médias et la durée de la campagne électorale.
Des tensions politiques ont eu cours. Des manifestations ont eu lieu en août-septembre 2025 contre la candidature du Président Ouattara et la disqualification de l’opposition, exacerbant les craintes de violences et la méfiance envers les institutions.
Les appels à la réforme n’ont pas manqué non plus: Des acteurs comme le Mouvement des générations capables (MGC) ont saisi le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) pour des réformes profondes (Code électoral, CEI, révision de la liste électorale, suppression du parrainage) en vue de la présidentielle.
Tensions et Réconciliation
Bien que des pas aient été faits vers la réconciliation nationale, des tensions ethniques étaient toujours palpables. Des incidents sporadiques de violence ont été signalés. Le gouvernement a intensifié ses efforts en matière de sécurité pour prévenir les conflits, et prôner la paix et la cohésion sociale.
En réponse aux tensions, des organisations de la société civile ont lancé des initiatives de réconciliation, visant à promouvoir le dialogue intercommunautaire et à encourager le pardon. Ces initiatives ont contribué à créer un espace de discussion entre jeunes de différentes ethnies, mais leur portée reste certainement limitée.
Des rapports ont souligné la nécessité d’améliorer l’inscription des électeurs et la mise à jour des listes, et de former les partis politiques pour renforcer la confiance.
Progrès Sociétaux
Dans le domaine social, 2025 a été une année d’avancées notables, surtout en matière d’éducation et de santé. Le gouvernement a intensifié ses efforts pour améliorer l’accès à l’éducation primaire et secondaire, avec un accent particulier sur les régions défavorisées. La gratuité de l’éducation au premier cycle a permis à de nombreux enfants d’accéder à l’école, bien que des défis logistiques persistent.
Le secteur de la santé a également connu des améliorations, avec des campagnes de vaccination intensifiées et une meilleure sensibilisation aux maladies endémiques. Cependant, le manque de ressources et d’infrastructures hospitalières reste un défi majeur à surmonter.
Environnement et Développement Durable
L’année 2025 a également été marquée par une prise de conscience croissante des enjeux environnementaux. Des mouvements écologistes ont émergé, appelant à des politiques plus strictes sur la déforestation et la protection de la biodiversité. La Côte d’Ivoire a pris part à la COP 30 à Belém, en Amazonie, en novembre 2025, un événement majeur pour le climat réunissant près de 200 pays pour discuter de la réduction des gaz à effet de serre, de la protection de l’Amazonie et de la mise en œuvre des engagements climatiques post-Accord de Paris. La Côte d’Ivoire, en tant que l’un des plus grands producteurs de cacao au monde, fait face à la pression de l’industrialisation qui menace ses forêts tropicales.
La participation de la Côte d’Ivoire à des conférences internationales sur le climat démontrent une volonté de se positionner comme un acteur responsable sur la scène mondiale. Le gouvernement a signé des accords visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais la mise en œuvre reste à suivre de près.
Perspectives d’Avenir
En 2025, le climat politique et social de la Côte d’Ivoire a été marqué par un équilibre fragile entre progrès et défis. Les élections ont été perçu comme un test crucial pour la démocratie et la stabilité du pays. Les mois qui précédént le scrutin ont été décisifs pour déterminer si les avancées réalisées pouvaient être consolidées. 2025 a été une année de transition et de tensions où les défis du Code électoral et des institutions ont été mis en lumière, préparant le terrain pour de potentielles réformes.
L’année 2026 toutefois s’annonce prometteur pour consolider les acquis et bâtir une société plus unie et équitable.
(AIP)
gak/fmo

