Korhogo, 30 déc 2025 (AIP) – La Direction régionale de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique du Poro, en collaboration avec le Centre ivoirien antipollution (CIAPOL), a organisé, lundi 29 décembre 2025 à Korhogo, une rencontre de sensibilisation à l’intention des acteurs de la gestion de l’environnement sur les mesures de prévention et de lutte contre la pollution des eaux.
Selon la directrice régionale de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique du Poro, Flan Germaine, la lutte contre la pollution des ressources en eau est solidement encadrée par l’arsenal juridique national, notamment le code de l’environnement, le code de l’eau ainsi que les textes relatifs à l’hygiène et à la salubrité. Elle a souligné que ces instruments réglementaires, appuyés par des projets gouvernementaux comme le Projet d’appui à la sécurité de l’eau (PASEA), visent à garantir l’accès à l’eau potable, à préserver la santé des populations et à protéger l’environnement.
Mme Flan a insisté sur l’importance de la sensibilisation des populations pour un changement durable des comportements.
« Notre rôle en tant qu’administration est de communiquer avec toutes les couches sociales afin de promouvoir une conscience éco-citoyenne. Ce que nous rejetons dans l’eau finit par revenir dans notre verre », a-t-elle rappelé, indiquant que cette campagne s’inscrit dans la dynamique nationale lancée le 15 septembre dernier par les ministres en charge de l’Environnement et de l’Assainissement.
Flan Germaine a relevé que les années 2024 et 2025 ont été marquées par une recrudescence des cas de pollution des lagunes, fleuves, lacs et rivières, avec pour conséquences des mortalités massives de poissons, des intoxications alimentaires et des coûts élevés de traitement de l’eau potable. Face à cette situation préoccupante, le gouvernement a initié une vaste campagne nationale de lutte contre la pollution des cours d’eau, mise en œuvre sur le terrain par les services déconcentrés et des structures spécialisées comme le CIAPOL.
Le secrétaire général de la préfecture de Korhogo, Dahié Digbeu Romain, a déploré l’impact de la pollution sur la santé humaine, l’environnement et l’économie locale. Il a pointé du doigt plusieurs causes, notamment la mauvaise gestion des déchets industriels et plastiques, l’agriculture intensive, l’orpaillage illégal, la déforestation et les effets du changement climatique. Il a appelé à une implication accrue des leaders communautaires, des guides religieux, des jeunes, des femmes et de la société civile dans la sensibilisation des populations.
Pour sa part, le chef de bureau régional du CIAPOL, Eol Ehouman Wouré, a indiqué que si la région du Poro n’enregistre pas encore de cas de pollution accidentelle majeure des cours d’eau, le phénomène demeure préoccupant à l’échelle nationale. Il a révélé que l’orpaillage illégal représente près de 80 % des sources de pollution des cours d’eau, d’où la nécessité d’un changement de comportements. Il a également rassuré sur le respect des normes environnementales par les entreprises industrielles et minières de la région, tout en attirant l’attention sur la gestion des eaux usées domestiques à travers une présentation.
La rencontre a réuni les membres du corps préfectoral, les directeurs et chefs de services régionaux, les opérateurs économiques, les organisations de la société civile, les leaders communautaires, les représentants des jeunes, les forces de défense et de sécurité, ainsi qu’une forte mobilisation des agents des Eaux et Forêts. Elle marque une étape importante dans le renforcement de la lutte contre la pollution des ressources en eau dans la région du Poro.
(AIP)
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