Abidjan, 05 jan 2026 (AIP)-L’ancien Premier ministre français, Dominique de Villepin a vivement critiqué, dimanche 4 janvier 2026, la réaction du président Emmanuel Macron à l’opération militaire américaine menée au Venezuela.
Intervenant dans l’émission BFM Politique, il a qualifié la position du chef de l’État de « aveugle, inconsciente des réalités et irresponsable pour l’avenir de la France et de l’Europe », a rapporté l’Agence de Presse turque Anadolu.
Selon Dominique de Villepin, M. Macron fait preuve d’un alignement excessif sur Washington. « Il se soumet à Donald Trump », a-t-il accusé, appelant les Européens à s’interroger sur leur capacité à faire face à d’éventuelles interventions américaines à l’avenir.
« Que fera-t-on demain quand Trump le fera pour le Groenland ? », a-t-il lancé. L’ancien chef du gouvernement français a estimé que la situation actuelle révèle un « changement de monde » marqué par le retour de logiques impériales, dans lesquelles les démocraties occidentales deviennent un obstacle.
Il a mis en garde contre un bouleversement durable de l’ordre international et plaidé pour un renforcement de la souveraineté européenne afin de préserver ses valeurs et ses intérêts fondamentaux.
Dominique de Villepin a ainsi appelé à la construction d’un « grand pacte de souveraineté » européen dans les domaines du numérique, de la technologie, de la finance et de la défense, jugeant que « le droit ne suffit pas » sans puissance politique et stratégique.
À ses yeux, Emmanuel Macron adopte au contraire la mauvaise approche, à l’instar de plusieurs dirigeants européens qui « tergiversent depuis des mois » et sous-estiment les risques.
Il a également averti que l’Europe ne devrait pas devenir « le champ de bataille » ni « la variable d’ajustement » d’un affrontement stratégique entre les États-Unis et la Chine.
Selon lui, l’absence de réaction ferme face à l’intervention américaine au Venezuela affaiblit la crédibilité européenne sur d’autres dossiers internationaux, notamment l’Ukraine, soulignant que « ces sujets sont liés ».
Samedi soir, Emmanuel Macron avait salué « la libération du peuple vénézuélien de la dictature de Nicolas Maduro », appelant à une transition politique « pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien ». Il avait exprimé son souhait de voir le président élu en 2024, Edmundo González Urrutia, conduire rapidement ce processus.
Dans le même temps, plusieurs responsables politiques français ont dénoncé les frappes américaines et rappelé le principe du respect de la souveraineté des États.
Par ailleurs, le président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores ont été exfiltrés vers New York à la suite de l’opération américaine menée à Caracas. Selon des médias américains, ils ont été transférés au Metropolitan Detention Center de Brooklyn, tandis que Washington a annoncé l’ouverture de poursuites fédérales à leur encontre.
Cette opération suscite de vives interrogations quant au respect du droit international et aux risques d’instabilité pour le Venezuela et l’ensemble de la région.
(AIP)
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