Abidjan, 05 jan 2026 (AIP) – L’ONG Amnesty International a accusé, lundi 5 janvier 2026, les autorités ougandaises de mener « une brutale campagne de répression » contre l’opposition, à dix jours des élections générales, rapportent des médias internationaux.
Selon l’organisation de défense des droits humains, cette répression se traduit par des « arrestations arbitraires » et des « violences policières ». Amnesty International alerte également sur les risques de coupure d’Internet, qui pourraient, selon elle, « gravement entraver » le processus électoral, alors que l’élection présidentielle et les législatives doivent se tenir simultanément.
L’ONG affirme que des partisans de l’opposant Bobi Wine ont été battus et dispersés à coups de gaz lacrymogène lors de plusieurs rassemblements politiques, notamment ceux de la Plateforme de l’unité nationale (NUP). Le rapport déplore par ailleurs la mort, fin novembre, d’un membre de cette formation politique à l’occasion d’un meeting.
Amnesty International indique également qu’environ 400 personnes soupçonnées de soutenir le NUP ont été arrêtées. Les chefs d’accusation retenus contre elles portent notamment sur des « dommages à la propriété » ou « l’incitation à la violence », des poursuites que l’ONG juge politisées.
Un rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), publié le 3 décembre dernier, faisait état de l’arrestation et de la détention d’au moins 550 personnes, dont des membres et sympathisants du NUP, depuis le début de l’année, précisant que plus de 300 arrestations avaient été enregistrées dès le mois de septembre.
Sur le plan politique, le Mouvement de résistance nationale (NRM) a désigné, le 28 août, le président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis près de 40 ans, comme candidat à sa propre succession. M. Museveni avait salué la confiance renouvelée de son parti, promettant davantage de “justice, de vérité et d’équité”.
Par ailleurs, la justice ougandaise avait rejeté, le 8 août, la demande de libération sous caution de l’opposant Kizza Besigye, poursuivi pour « menace à la sécurité nationale », malgré un état de santé jugé « critique » par plusieurs observateurs. La directrice exécutive de l’ONUSIDA, Winnie Byanyima, avait alors dénoncé une violation de ses droits humains, affirmant que « même en prison, ses droits fondamentaux sont bafoués ».
(AIP)
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