jeudi, mars 5

Abidjan, 5 jan 2026 (AIP)- Le gouvernement ivoirien a engagé des mesures d’urgence à la suite d’un déversement accidentel de produits pétroliers survenu dans la nuit du samedi 27 décembre 2025, dans la commune de Port-Bouët. Selon le directeur du Centre Ivoirien Antipollution (CIAPOL), Pr Ossey Bernard Yapo, cette pollution est qualifiée d’accidentelle. Dans une interview, il s’est prononcé sur les mesures d’urgences et de protection des plages et des populations.

Professeur Yapo, vous insistez sur le caractère accidentel de ce déversement. Mais quand un accident industriel impacte près de 10 kilomètres de plage, peut-on encore parler d’un incident mineur ?

Pour ce déversement ayant occasionné la pollution des plages de Grand-Bassam, il s’agit belle et bien d’une pollution qualifiée d’accidentelle car elle est survenue en mer sur le site de la Bouée 2 de déchargement de produits pétroliers de la Société Ivoirienne de Raffinage (SIR) lors des opérations de la phase test d’étanchéité des lignes 24 et 42 pouces qui se sont menées habituellement bien avant de procéder au déchargement de la cargaison des Tanker provenant des plateformes pétrolières telles que Baleine et Caloa. Ce sont donc des phases d’essais et de vérification avant le déchargement proprement dit. Il y a eu échappée d’hydrocarbures parce qu’il y a eu défaillance technique.

Alors, ce type de pollution marine est bien différente d’une pollution de grande envergure provenant des activités terrestres, ou du fonctionnement normal des navires. Elle n’a pas la taille des déversements pétroliers tels que ceux qu’ont connu d’autres pays avec des déversements pétroliers d’un volume de plus de 100 000 tonnes comparés à 8 à 9 tonnes déversés lors de dépotage à la Société Ivoirienne de Raffinage (SIR).Par exemple en France c’est environ 227 000 tonnes de pétrole déversés le16 mars 1978 en bordure des côtes bretonnes, à Portsall (Finistère), par l’Amoco Cadiz, un pétrolier supertanker de classe VLCC libérien lancé en 1974 pour la société américaine de transports pétroliers et chimiques Amoco, afin de transporter du pétrole depuis le golfe Persique vers l’Europe.

Effectivement, la pollution a impacté environ 10km des plages de Grand-Bassam : Modeste, Gbamelé et Azureti. Ce qu’il faut comprendre, c’est que dans le cadre de la mise en œuvre du Plan d’urgence de lutte contre les pollutions accidentelles en mer, en lagune et dans les zones côtières (Plan POLLUMAR), c’est à partir d’une pollution de niveau 2, moyenne ampleur, dont la quantité est supérieure à 10 tonnes de produits d’hydrocarbures déversés que Monsieur le Ministre de l’Environnement du Développement Durable et de la Transition Ecologique déclenche le Plan POLLUMAR, et met en place la Cellule de crise Nationale qui coordonne les activités de dépollution.

Pour cette pollution, l’évaluation de la situation par le CIAPOL des plages impactées a révélé que celles-ci ont été contaminées par environ 7 tonnes de pétrole brut léger déversé accidentellement en mer par une fuite. Ce tonnage reste inférieur au niveau requis de 10 tonnes pour le déclenchement du Plan POLUMAR.

Dans ce cas d’accident survenu à la SIR, on parle de pollution de Niveau 1, de faible ampleur, donc mineure du point de vue national, qui est gérée à travers la mise en œuvre du plan d’urgence Interne de la SIR sur la supervision du CIAPOL, certaines administrations telles que le centre de coordination des secours maritimes (MRCC), de la Direction Générale des Affaires Maritimes (DGAM), le Port Autonome d’Abidjan (PAA), la Direction Générale des Hydrocarbures (DGH) ainsi que les autorités locales. Le Plan POLLUMAR n’est donc pas déclenché.

Le CIAPOL est officiellement informé 24 heures après l’accident, alors que la SIR est membre du Plan POLLUMAR. Pourquoi une telle lenteur, et surtout, quelles sanctions prévoit la loi dans un tel cas ?

L’accident est survenu dans la nuit du samedi 27 décembre 2025 vers 22h05min. En effet lors de la phase Test d’étanchéité des lignes 24 et 42 pouces, les opérateurs de la SIR avaient constaté une dépression après avoir injecté de l’air dans ces conduites d’hydrocarbures. Aussitôt, les vannes ont été fermées en vue de réaliser des inspections sous-marines sur la ligne et d’identifier la zone de fuite. Après maintes recherches toute la nuit, la fuite n’a pas été identifiée. Aussi, aucune nappe n’a été observée sur le plan d’eau durant la nuit.

Ce n’est que tôt le matin du dimanche 28 décembre 2025 dès 6h que la SERAMAR structure mandatée par la SIR a été mise en mission sur site pour les opérations de maintenance de la ligne. Sur site, elle a observé une nappe d’hydrocarbure d’environ 2 tonnes à proximité de la Bouée 2 de la SIR qui a été rapidement confinée et récupérée à partir de la pose de barrages absorbants. Aussi, la ligne endommagée entièrement vidée des hydrocarbures résiduels a été remplacée par une autre durant toute la journée du dimanche 28 décembre 2025.

Alors, ne sachant pas que tard dans la nuit du 27 décembre 2025 une partie des nappes d’hydrocarbures a eu le temps de dériver sur le plan d’eau marine pour échouer sur les plages de Grand-Bassam, la SIR a levé son plan d’urgence interne en vue de poursuivre ses activités, compte tenu de l’arrivage de plusieurs Tankers devant effectuer leur déchargement.

Par ailleurs, le dimanche 28 décembre 2025, le CIAPOL a été saisi à 14h42min par Monsieur le Secrétaire Général de la Préfecture de Grand Bassam, Monsieur Lago Mathieu Lucien de la présence d’une substance ressemblant à de l’hydrocarbure sur les plages du village Gbamelé du département de Grand Bassam. Après la saisine du CIAPOL pour constatation de la pollution sur les plages de Grand-Bassam, sur instructions de Monsieur le Ministre de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Ecologique, une équipe du CIAPOL a été mise en mission sur le terrain à l’effet de faire le constat, de réaliser l’évaluation de la situation et mettre en œuvre des actions de remédiations des sites et des plages contaminés.

Sur le site, des échantillonnages et analyses par le CIAPOL ont permis de caractériser le produit déversé qui est du pétrole brut léger. Aussi, le suivi de la trajectoire de dérive par les logiciels de surveillance maritime ainsi que les investigations réalisées en collaboration avec la DGAM montraient étroitement que la source de pollution des plages Modeste, Gbamelé, et Azurety est liée à l’accident qui est survenu au niveau de la bouée 2 de la SIR ayant entrainé un déversement de produits pétroliers sur le plan d’eau marine.

En termes de Sanctions, les dispositions seront prises en référence à la Loi n°2023-900 du 23 novembre 2023 portant code de l’environnement (en ses articles 235 et 246 sont applicables).

Si, ni le CIAPOL ni les autorités environnementales n’ont été alertés immédiatement, le dispositif national de surveillance maritime fonctionne-t-il réellement ?

Oui, le dispositif national de surveillance environnementale de l’espace maritime et côtier fonctionne parfaitement et efficacement en journée surtout avec la mise en place par le CIAPOL de système de surveillance par des observations d’images satellitaires et par des drones pour la détection des pollutions. Cependant, il convient de le renforcer afin de prendre en compte des détections de pollution la nuit. Il faudrait donc construire un système de surveillance actif en tout temps.

En effet, la Côte d’Ivoire est en pleine expansion pétrolière, notamment avec l’arrivée de FPSO pour le gisement Baleine, augmentant sa production et ses exportations via des navires (bruts et produits raffinés). Le trafic maritime est devenu intense, impliquant des cargaisons de brut vers la Chine (principalement) et des produits raffinés vers l’hinterland (Mali, Burkina Faso). C’est donc un pays pétrolier au regard de l’intensité des activités liées à l’exploitation du pétrole et à sa manutention. Cependant, cela engendre des risques de pollution maritime (dégazages, accidents), impactant l’environnement et la pêche, nécessitant une surveillance accrue et une meilleure gestion des infrastructures portuaires. Il faut donc être vigilant en nous renforçant en moyens de lutte anti-pollution adaptés.

Vous indiquez que la SERAMAR est mobilisée dès 6h45, mais la notification officielle n’arrive qu’à 20h15. Qui a décidé d’intervenir avant de prévenir l’autorité compétente ?

Nous avons indiqué que c’est le Plan d’urgence Interne Entreprise est déclenché primo par le premier responsable de la Structure en cause pour gérer les crises mineures sur la supervision du CIAPOL. Dans les cas express, les opérations des stratégies « Agir à la source » et « Agir sur le polluant » sont mises en œuvre sur le lieu de l’accident.

Dans le cas de la SIR, ces opérations se sont achevées vers 18h. Ainsi, c’est à 20h15 que la notification est parvenue au CIAPOL signifiant que l’accident qui a été maitrisé autour de la Bouée 2 par la SIR. Par ailleurs, des dispositions et des mesures d’urgences se mettaient en place pour la dépollution rapide des plages contaminées.

Professeur, soyons clairs : la SIR reconnaît-elle pleinement sa responsabilité, ou parle-t-on simplement d’un concours de circonstances techniques ?

La SIR a reconnu sa responsabilité si bien que son Directeur Général s’est impliqué personnellement aux côtés du Ministère de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Ecologique, des autorités préfectorales, Municipales, coutumières et des populations dans la gestion de cette crise de pollution au niveau du département de Grand-Bassam. La SIR a même mandaté huit structures spécialisées en plus du CIAPOL pour la dépollution des plages contaminées.

Officiellement, aucun impact sanitaire n’est signalé. Mais des analyses toxicologiques indépendantes ont-elles été menées, notamment sur les poissons, coquillages et crustacés ?

Durant toute la période de cette crise, aucune espèce de ressources halieutiques (poissons) ni de fruit de mer (crustacés) n’a été retrouvée morte sur les plages impactées. Au total, c’est 145 tonnes de déchets dont, 33 tonnes de macrodéchets contaminés et 112 tonnes de sables souillés y compris les coquillages qui ont été collectés, convoyés pour être traités à l’issue du nettoyage des plages.

Pendant plusieurs heures, les populations n’avaient aucune information officielle, pendant que des images circulaient sur les réseaux sociaux. N’avez-vous pas perdu la bataille de la communication ?

La communication sur les événements de pollutions reste très sensible. En cas, pollution, il convient de disposer d’un certain nombre d’informations de vérification. Il faut surtout connaître les caractéristiques du polluant, la source de pollution et les impacts pour une communication sur l’évènement. Dès que toutes ces informations ont été réunies, il faut informer la tutelle, donc le gouvernement. Un communiqué de Presse été diffusé sur instructions de Monsieur le Ministre de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Ecologiques confirmant le Déversement accidentel de produit pétrolier à Grand-Bassam et définissant les mesures d’urgence et de protection des plages et des populations. Nous sommes une structure technique du ministère en charge de l’Environnement et nous devons donner toute l’information qui engage la responsabilité de l’Etat de Côte d’Ivoire.

Ainsi, après compte rendu à Monsieur le Ministre de l’environnement du Développement Durable et de la Transition Ecologique par le Directeur du CIAPOL des travaux de dépollution effectués, instruction fût donnée à Monsieur le Directeur de Cabinet du Ministre de l’Environnement du Développement Durable et de la Transition Ecologique de conduire la délégation du Ministère pour une visite de terrain. D’ailleurs, les médias (RTI, 7INFO, NCI, RFI, Radio de la Paix et les Radios locales) y étaient fortement représentés.

Cette jeune fille filmée au milieu d’un tapis d’hydrocarbures avec un téléphone à la main choque l’opinion. On note un manque de sensibilisation immédiate sur le danger réel ?

A l’avenir, en cas de constat d’une pollution, je lance un appel aux autorités locales et à la population de contacter immédiatement le CIAPOL via le numéro d’urgence : 05 54 14 00 00 et d’éviter d’être en contact direct avec une substance non identifiée telle que l’a fait la jeune fille qui a partagé la vidéo sur les réseaux sociaux. Je ne peux pas confirmer cette information, peut-être de l’intoxication sur les réseaux sociaux. Parce que une nappe d’hydrocarbures dégagent des gaz insupportables et la source de chaleur du téléphone pouvait entrainer une explosion ou un incendie qui aurait pu nuire à sa vie et c’est peut-être ce qu’on a voulu montrer.

Concrètement, qu’aurait-il pu se passer si un appareil électronique avait provoqué une étincelle dans cette nappe d’hydrocarbures ? Le public mesure-t-il vraiment le danger évité ?

Si une étincelle survenait, la nappe d’hydrocarbures pouvait soit prendre feu ou exploser et la vie de cette jeune fille serait mise en danger. Mais le brûlage des nappes qui flottent sur la mer est aussi préconisée dans les méthodes de lutte en prenant soins d’isoler les populations et les flottes sur la mer.

Au cours de l’année 2025, le CIAPOL avait engagé des campagnes d’information des autorités locales et de sensibilisation des populations sur les pollutions marines dans 14 villes du littoral ivoirien. Au vu de cette situation, cette activité sera encore mise en œuvre cette année avec un renforcement de la sensibilisation sur les dangers, risques et impacts des pollutions marines et des polluants sur l’environnement et la santé. Mais aussi, voir comment impliquer les populations dans la lutte anti-pollution en cas de déversement sur le littoral de produits pétroliers. Je vous ai dit que la Côte d’Ivoire est un pays pétrolier compte tenu de l’intensité des activités pétrolières sur nos côtes et du transport par pipeline ou de camions citernes de carburants dans le pays. Il faut donc prévenir et cela passe par la sensibilisation de nos populations et l’interaction entre tous les services de l’Etat dans la gestion des produits pétroliers.

Vous parlez d’une intervention rapide et efficace. Pourtant, les nappes ont atteint Bassam avant toute barrière efficace. Peut-on objectivement parler de maîtrise totale ?

En matière d’intervention contre les pollutions marines, il est très difficile de contenir la totalité des nappes de pollution en mer à l’aide des barrages antipollution compte tenu des conditions de météo-océaniques et de la logistique à déployer. De façon générale, c’est la dispersion chimique qui est la plus conseillée en mer.

Cependant, dans le cas de la SIR, la position géographique de l’accident ne permettait pas d’autoriser l’usage de dispersants chimiques car trop proche des côtes et peu profond pour permettre un bon traitement. C’est pourquoi, la stratégie de lutte à terre qui consiste au nettoyage des plages est préconisée, car plus facile à mettre en œuvre.

Professeur Yapo, combien d’incidents similaires impliquant des hydrocarbures ont été enregistrés ces dernières années en Côte d’Ivoire ? Et surtout, apprenons-nous vraiment de ces accidents ?

De 2022 à 2024, On peut dénombrer 5 cas d’incidents en Côte d’Ivoire de faibles ampleurs similaires survenus dans les eaux marines au large de Jacqueville, dans les eaux lagunaires au niveau du Canal de Vridi à Port-Bouët, à l’outillage du Port d’Abidjan et sur les plages de Mohamé, Assouindé et Assinie.

Un retour d’expérience de cas est partagé ainsi que des formations et des renforcements des capacités professionnelles de plus de 200 points focaux des structures parties prenantes au Plan POLLUMAR sont effectués chaque année dans le mois de juin pendant l’exercice annuel de mise en œuvre du Plan POLLUMAR.

Souvenez vous de l’exercice du plan POLLUMAR 2025 réalisé au Port Autonome d’Abidjan. C’est à dessein pour mieux dessiner et décider des cas et types d’interventions.

Le CIAPOL dispose-t-il aujourd’hui de moyens techniques, humains et financiers suffisants, ou dépend-il trop des structures privées comme la SERAMAR et la SIR ?

A la suite de la crise post-électorale de 2011, le CIAPOL avait perdu la quasi-totalité de ses moyens techniques d’intervention contre les pollutions marines. Un minimum d’équipement a été acquis depuis ce temps mais peine à être renforcé pour insuffisance budgétaire. La ressource humaine est disponible au CIAPOL, cependant les moyens techniques restent insuffisants pour les interventions d’urgence contre les pollutions marines, fluvio-lagunaires et côtières de l’ensemble des 566 Km du littoral ivoirien, des 200 milles nautiques (≈ 400km) des eaux marines ainsi que le système lagunaire et les fleuves de l’Etat de Côte d’Ivoire.

Ainsi, pour les pollutions mineures (moins de 10 tonnes), l’intervention du CIAPOL est renforcée par celles des structures privées spécialisées en la matière, mandatées par l’entité pollueur telle que mise en œuvre dans le cas de l’accident de la SIR.

Par contre, en cas de déclenchement du Plan POLLUMAR, la Cellule de crise est mise en place et toutes les structures opérationnelles publiques et privées sont mobilisées ou réquisitionnées pour une synergie d’actions en vue de juguler la pollution.

Quand l’entreprise polluante participe elle-même à la dépollution, comment garantir l’objectivité des constats environnementaux ?

La Loi n°2023-900 du 23 novembre 2023 portant code de l’environnement fait obligation à l’entité ayant pollué de prendre toutes les dispositions afin de faire cesser la pollution et de restaurer les milieux impactés. Mais tout cela se fait sous la supervision du CIAPOL. Donc, il est objectif d’impliquer dès le départ l’entreprise polluante à la dépollution vue que toutes les dépenses générées par la pollution lui seront imputables : C’est le principe du Pollueur-Payeur qui l’exige.

L’accès aux plages est levé en quelques jours seulement. Certains diront que c’est trop rapide pour être totalement rassurant. Que leur répondez-vous ?

Je réponds que nous avons agit avec la plus grande rigueur parce qu’il s’agit de la vie des populations ivoiriennes. Nous aurons pu maintenir la mesure de fermeture. Voyez-vous, avons-nous constaté la mortalité de poissons, de crustacées ou autres espèces marines en bordure des plages ? Non ! Ce sont des bioindicateurs de sensibilité de pollution. Ce sont les odeurs du pétrole qui indisposaient les populations.

Ensuite le polluant qui a impacté les plages de Grand-Bassam est du pétrole brut léger qui a une bonne capacité d’évaporation de gaz qui se dissipent naturellement dans l’atmosphère. Ce pétrole est léger et avec la conjugaison des vagues et l’intensité de la chaleur ou des rayons solaires dans les eaux, il s’est vite évaporé. Il n’est donc pas persistant dans l’environnement. Ce sont aussi des méthodes naturelles de dépollution avec lesquelles il faut composer.

Aussi, vu l’urgence, les activités de dépollution sur les plages étaient intenses et se sont accentuées durant trois jours du 28/12/2025 au 30/12/2025 en vue de permettre à la population de passer de très belles fêtes de fin d’année et de nouvel an.

C’est ainsi qu’à l’issue du nettoyage des plages qui a consisté à la collecte des macrodéchets contaminés et à l’excavation des sables souillés, nous avons fait de la visite de terrain et procédé à des contrôles qui nous ont permis de lever la crise. Des prélèvement et analyses en laboratoire des échantillons de carottes de sables de 1 mètre de profondeur et d’eau de mer ont été effectuées au niveau des points d’observation sur l’ensemble de la zone polluée. C’est suite à ces contrôles le Mercredi 31 décembre 2025, qui confirment le retour à des niveaux conformes aux normes en vigueur, que nous avons demandé la levée des interdictions et d’autoriser l’accès aux plages le Jeudi 1er Janvier 2026.

Les pêcheurs, les restaurateurs, les acteurs du tourisme local ont subi un préjudice. Y aura-t-il des indemnisations, et qui va payer ?

C’est la fréquentation des plages impactées qui avait été restreinte temporairement avec invitation des populations à respecter strictement les consignes de sécurité émises par les autorités. Pas de dommages importants signifiés au CIAPOL dans la zone impactée.

Est-ce que des mesures concrètes et contraignantes seront imposées à la SIR pour éviter qu’un tel accident ne se reproduise ?

Oui, des mesures préventives et correctives permettant à la SIR d’éviter les accidents de grandes envergures lui seront indiquées et la mise en œuvre effective de celles-ci seront suivies par le CIAPOL.

Prof Yapo, au-delà de la SIR, l’État ivoirien peut-il garantir aux populations que nos plages sont réellement protégées, ou faut-il craindre qu’un accident plus grave survienne demain ?

Le gouvernement de Côte d’Ivoire est à la tâche chaque jour afin d’assurer un cadre de vie meilleur et un environnement sain pour l’ensemble des populations du territoire ivoirien. Monsieur le Ministre de l’Environnement du Développement Durable et de la Transition Ecologique ne ménage aucun effort pour mettre en œuvre la politique de protection de l’environnent à lui confier par Son Excellence, Monsieur le Président de la République de Côte d’Ivoire. Ainsi, le CIAPOL s’engage à renforcer son dispositif de surveillance, de contrôle et d’intervention contre les pollutions de faibles ou de grandes ampleurs de l’environnement marin, lagunaire et côtier pour le bonheur et la quiétude des populations.

Mais je voudrais profiter pour lancer un appel pressant aux ivoiriens.

Le littoral ivoirien est un moteur économique clé grâce à ses ports stratégiques (Abidjan, San-Pédro) pour le commerce international, ses riches ressources halieutiques et agricoles (cacao, ananas), son fort potentiel touristique (plages, lagunes) et ses ressources énergétiques (pétrole, gaz). Il abrite 80 % des activités industrielles et connecte l’arrière-pays aux marchés mondiaux, tout en faisant face à des défis majeurs comme l’érosion côtière qui menace ce développement. Les activités halieutiques sont importantes, générant des revenus pour les populations locales, avec des prises significatives dans les lagunes et en mer. C’est un fort potentiel balnéaire avec des plages et sites naturels (lagunes, mangroves), bien que le secteur nécessite encore des efforts de promotion et de développement durable.

Malheureusement, la pollution par le plastique demeure une préoccupation majeure qui nécessite l’implication de tous. C’est la pollution mondiale actuelle des océans et justement de notre littoral. Luttons ensemble contre la pollution plastique de nos plages pour une promotion de l’Economie Bleue en Côte d’Ivoire. L’économie bleue durable cherche à utiliser les ressources océaniques de manière durable, mais elle est gravement menacée par la pollution plastique, qui coûte des milliards de dollars en pertes pour le tourisme, la pêche et la santé, impactant particulièrement notre économie.

Je profite pour souhaiter une Bonne et Heureuse Année 2026 à tous les ivoiriens et mes vœux, c’est d’inviter chacun à emprunter la voie de l’éco-citoyenneté en respectant notre environnement.

(AIP)

gak

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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