Abidjan, 06 jan 2026 (AIP) – Près de 65.000 civils ont fui la région du Kordofan, dans le Sud du Soudan, au cours des trois derniers mois, en raison de la détérioration de la situation sécuritaire et des affrontements entre les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) et l’armée soudanaise, a indiqué le mardi 6 jenvier 2026, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Selon l’agence onusienne basée à Genève, environ 43.000 personnes ont été déplacées dans le Kordofan du Nord, près de 22.000 dans le Kordofan du Sud et 250 autres dans la région de Geibaish, au Kordofan occidental. L’OIM précise que ces chiffres restent provisoires et pourraient évoluer en raison de l’insécurité persistante sur le terrain.
Les équipes de l’OIM ont par ailleurs recensé 56 incidents de déplacement au cours de la période considérée, dont 17 dans le Kordofan du Nord, 38 dans le Kordofan du Sud et un dans le Kordofan occidental. Sur ces incidents, 54 sont directement liés au conflit armé et à l’aggravation de l’insécurité.
La région du Kordofan accueille déjà plus d’un million de déplacés internes, répartis sur 1.914 sites dans 36 localités. Le Kordofan du Nord compte 228.829 déplacés, le Kordofan du Sud 385.850 et le Kordofan occidental 413.544, selon les données communiquées par l’OIM.
Les trois États du Kordofan sont le théâtre de violents combats entre l’armée soudanaise et les FSR, dans un conflit qui secoue le pays depuis avril 2023. Cette guerre, dans ce pays d’Afrique du Nord-Est, a causé la mort de milliers de personnes et contraint des millions d’autres à fuir leurs foyers.
De son côté, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) s’est dit profondément préoccupé par l’impact de l’escalade de la violence sur les civils, notamment dans les régions du Darfour et du Kordofan. L’OCHA rapporte des frappes de drones ayant causé des pertes civiles début janvier, touchant des villages, des marchés et des structures de santé, et entraînant de nouveaux déplacements de populations.
Face à cette situation, l’OCHA a renouvelé son appel au respect du droit international humanitaire, à la protection des civils et à un accès humanitaire sûr, continu et sans entrave à toutes les zones affectées, afin de permettre la fourniture d’une aide vitale et d’éviter une nouvelle détérioration de la crise humanitaire.
(AIP)
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