Abidjan, 07 jan 2026 (AIP) – La qualification de la Côte d’Ivoire pour les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, obtenue aux dépens du Burkina Faso en huitièmes de finale, a été vécue dans une atmosphère marquée par la frustration et quelques tensions, mardi 6 janvier 2026 à Gobelet village, dans la commune de Cocody, à Abidjan, où de nombreux supporters burkinabè avaient suivi la rencontre.
Avant le coup d’envoi, l’ambiance se voulait conviviale et familiale. Lors de l’exécution des hymnes nationaux, plaisanteries et chambrages amicaux animaient les lieux, détendant l’atmosphère avant l’entrée en jeu des 22 acteurs.
Supporter des Étalons, Tedjou dont la famille est installée depuis plusieurs années à Gobelet village, anticipait un match serré. « Ce sera un grand match, mais la Côte d’Ivoire passera grâce à son expérience », confiait-il, pronostiquant un match nul suivi d’une victoire ivoirienne aux tirs au but. À l’inverse, Zoumana, un quinquagénaire, voyait une victoire burkinabè, estimant toutefois que « les deux pays sortiront gagnants de ce duel ».
Les premières actions ivoiriennes, rapidement à l’avantage des Éléphants, ont refroidi les supporters burkinabè, sonnés après l’ouverture du score signée Amad Diallo. Tandis que les supporters ivoiriens jubilaient, le camp burkinabè s’enfermait dans un silence pesant.
Le second but, inscrit par Yan Diomandé, a accentué la frustration, poussant certains supporters des Étalons à quitter les lieux prématurément, visiblement affectés.
Les offensives ivoiriennes, accompagnées d’ovations et de vuvuzelas, contrastaient avec la tristesse perceptible du côté burkinabè. Quelques supporters tentaient néanmoins de relativiser. « De toute façon, nous sommes une même famille, nous vivons ensemble au quotidien », glissait Issa, arborant un maillot floqué de son prénom.
Malgré ce scénario défavorable, l’espoir persistait chez certains. Abou Sango, ferrailleur et fervent supporter du Burkina Faso, espérait un sursaut en seconde période, critiquant certains choix tactiques et réclamant l’entrée en jeu du capitaine Bertrand Traoré. « L’entraîneur a mal aligné son équipe », estimait-il, soutenu par un ami béninois qui croyait encore à une prolongation.
Au retour des vestiaires, l’atmosphère s’est quelque peu détendue, portée par un regain d’activité des Étalons. Les applaudissements ont accompagné l’entrée en jeu de Bertrand Traoré, saluée par des encouragements nourris. Toutefois, la seconde période a aussi été marquée par quelques tensions verbales, notamment entre jeunes supporters des deux camps, rapidement apaisées par les aînés.
Le troisième but ivoirien, à la 87e minute, a définitivement scellé l’issue de la rencontre, déclenchant des scènes de célébration auxquelles se sont joints certains supporters burkinabés, tandis que d’autres, en larmes, accusaient le coup de la défaite. Les dernières minutes se sont déroulées dans une ambiance festive, rythmée par des chants et danses populaires.
Malgré la déception, plusieurs supporters burkinabés ont exprimé leur solidarité avec les Éléphants. Sié Pascal, surnommé « Rambo », a rappelé la fraternité entre les deux peuples.
« La défaite fait mal, mais la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, c’est un même peuple », a-t-il déclaré. Même état d’esprit chez G. Sylvain, peintre burkinabè, qui se disait prêt à soutenir la sélection ivoirienne pour la suite de la compétition.
(AIP)
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