Abidjan, 07 jan 2026 (AIP)-Le gouvernement fédéral de Somalie a condamné le mardi 6 janvier 2026, la visite du ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, dans la région du Somaliland, une entité autoproclamée indépendante mais non reconnue par la communauté internationale.
Il s’agit de la première visite officielle israélienne depuis l’annonce, fin décembre, de la reconnaissance du Somaliland par Israël.
Dans un communiqué, le ministère somalien des Affaires étrangères a dénoncé dans les termes les plus fermes ce qu’il qualifie d’« incursion non autorisée » à Hargeisa, rappelant que cette ville fait partie « intégrante et inséparable des territoires souverains de la République fédérale de Somalie ».
Mogadiscio estime que cette visite constitue une « violation flagrante » de sa souveraineté, de son unité et de son intégrité territoriale.
Lors de son déplacement, Gideon Saar a indiqué sur le réseau social X que le dirigeant du Somaliland, Abdourahmane Mohamed Abdullah, avait accepté une invitation du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à se rendre en Israël.
Le chef de la diplomatie israélienne a présenté sa visite comme un « message » illustrant la volonté de Tel-Aviv de renforcer ses liens avec la région, évoquant des discussions « fructueuses » avec les responsables locaux.
La diplomatie somalienne a, de son côté, dénoncé une « ingérence inacceptable dans les affaires intérieures » d’un État membre des Nations unies et a exigé « l’arrêt immédiat de toute atteinte » à sa souveraineté nationale.
Cette condamnation intervient dans un contexte régional tendu. Plusieurs pays ont réaffirmé leur attachement à l’unité territoriale de la Somalie. L’Arabie saoudite a notamment exprimé mardi, à l’issue d’une réunion du cabinet présidée par le roi Salmane à Riyad, son soutien à la souveraineté somalienne, rejetant la reconnaissance du Somaliland par Israël.
Israël est à ce jour le premier État à reconnaître le Somaliland comme pays souverain, une décision qualifiée par Mogadiscio et plusieurs capitales de « violation du droit international ». En décembre, le président somalien Hassan Sheikh Mohamud avait mis en garde contre les risques d’« importation de conflits extérieurs » dans une région qu’il juge déjà « très volatile ».
(AIP)
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