Dimbokro, 10 jan 2026 (AIP) – L’installation des dragues dans le lit du fleuve N’Zi par des orpailleurs illégaux détériore grandement la qualité et la quantité de l’eau qui doit être traitée pour être fournie aux ménages des départements de Bocanda et de Dimbokro, a fait savoir le directeur régional des Eaux et Forêts du N’Zi, le lieutenant-colonel Antchouro Kouamé Boko, lors d’une rencontre de sensibilisation des autorités administratives et politiques tenue le mardi 6 janvier 2026 à la préfecture de Dimbokro.
Tirant la sonnette d’alarme, il a fait savoir que l’eau présente une teinte ocre persistante, signe d’une charge sédimentaire anormale due à une activité intensive des dragues. Cela entraine une turbidité élevée, à plus de 1 000 unités, là où la norme devait être de 15 unités ramenées à cinq unités après traitement pour la consommation. Ce qui compromet également la survie de la biodiversité aquatique.
“Des analyses révèlent des traces de métaux lourds, notamment du mercure et du cyanure, utilisés illégalement pour l’amalgame de l’or”, a ajouté le lieutenant-colonel Antchouro Kouamé Boko pour qui l’ensablement accéléré de l’exhaure, site de captage de l’eau par la SODECI (Société de distribution d’eau de Côte d’Ivoire, NDLR) qui n’a plus que deux mètres de profondeur contre 17 initialement, combiné à l’assèchement anticipé des eaux du fleuve du fait de la rareté des pluies enveniment la situation.
Pour parer à cette pénurie qui se profile déjà, le directeur régional des Eaux et Forêts propose le ‘’déguerpissement sans concession’’ des dragues installées dans le lit du fleuve N’Zi, le curage de l’exhaure pour augmenter la capacité de stockage de la SODECI, la forte implication des autorités traditionnelles dans la lutte contre les installations clandestines des orpailleurs, et l’utilisation de drones pour mener la surveillance aérienne du cours d’eau.
Pour le préfet de région, Jules Gouessé, les mesures idoines vont être prises incessamment dans les 35 villages de la région qui bordent le fleuve N’Zi.
Il a mis en garde les chefs de ces villages qui seraient impliqués dans le phénomène de dragage, de sanctions allant de la suspension à la révocation.
(AIP)
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