Abidjan, 15 jan 2026 (AIP) – Le directeur pays de Yango en Côte d’Ivoire, M. Soro Kadotien a exprimé sa satisfaction de voir ses activités se dérouler dans les meilleures conditions et a présenté les perspectives de sa structure pour l’année 2026, dans un entretien avec l’AIP.
AIP : Quelle est la réalisation la plus significative de Yango en Côte d’Ivoire au cours des 12 derniers mois, et comment cette réalisation a-t-elle concrètement transformé la mobilité ou un autre aspect de la vie urbaine à Abidjan et au-delà ?
M. Soro : L’inauguration de notre bureau régional africain à Abidjan en juillet 2025 est notre réalisation la plus marquante. Ce hub, le plus important de Yango Group en Afrique, coordonne nos opérations dans la sous-région et positionne Abidjan comme centre névralgique de notre stratégie africaine. Cette décision a permis d’accélérer le déploiement de nouveaux services et de renforcer notre contribution à la modernisation de la mobilité et de l’économie numérique, à Abidjan comme dans plusieurs villes de l’intérieur du pays.
AIP : Avez-vous une estimation de la contribution de l’écosystème Yango (y compris la livraison et la logistique) à l’économie numérique ivoirienne en termes de valeur ajoutée ou de transaction ?
M. Soro : Yango s’est engagé à investir progressivement plus de 300 millions de dollars en Côte d’Ivoire. Cet engagement soutient un écosystème qui génère plusieurs centaines de milliards de francs CFA en transactions annuelles, notamment à travers les services numériques autour de la mobilité, la logistique, la vente de véhicules. Notre impact s’étend également au secteur financier grâce à des partenariats favorisant l’inclusion financière et la formalisation de l’économie.
AIP : Au-delà du VTC, quels services annexes (livraison, logistique, etc.) ont connu le plus de succès ? Ces services représentent-ils aujourd’hui une part significative de votre activité globale ?
M. Soro : Yango Group est avant tout une entreprise technologique qui développe des écosystèmes numériques complets pour répondre aux besoins quotidiens des populations. Yango Delivery et Yango Food connaissent une croissance remarquable. En 2025, Yango Food a séduit des milliers de restaurants partenaires et consommateurs. Notre SuperApp intègre désormais transport, livraison de colis, livraison de repas, e-commerce avec Yango Achat et Vente, et services de navigation. Aujourd’hui, ces services annexes représentent une part croissante de notre activité et constituent un levier majeur de notre croissance future. Notre vision est claire : devenir une plateforme technologique complète qui structure l’économie numérique ivoirienne, où chaque Ivoirien peut accéder à l’ensemble de ses besoins quotidiens via une seule application.
AIP : Quel bilan faites-vous de l’impact de Yango en termes de création d’emplois et d’autonomisation économique pour les partenaires (chauffeurs et livreurs) ?
M. Soro : L’impact est considérable et multidimensionnel et durable. Yango repose sur un modèle unique axé sur les partenaires. Il est conçu pour se développer parallèlement à l’économie locale, en soutenant des milliers de PME (entreprises de transport et de logistique, restaurants avec lesquels nous collaborons), leurs chauffeurs et leurs coursiers, grâce à une demande prévisible et des opportunités de revenus durables. Aujourd’hui, des dizaines de milliers de chauffeurs partenaires et plusieurs centaines d’entreprises de transport génèrent des revenus durables grâce à cet écosystème. Ce modèle contribue à formaliser le secteur du transport, à créer des emplois et à faire émerger une économie décentralisée, portée par des entrepreneurs ivoiriens. Nous avons vu émerger et se structurer de nombreuses entreprises locales de transport, créant un effet multiplicateur sur l’emploi. Notre écosystème génère également des opportunités dans l’automobile, la maintenance, l’assurance et le financement, contribuant à une autonomisation économique durable de tous les acteurs engagés dans cet écosystème. Nous avons également signé un protocole d’accord avec le Ministère de l’Emploi et de la Protection Sociale pour intégrer les chauffeurs et coursiers partenaires au régime social des travailleurs indépendants, à la CMU et garantir des revenus stables.

AIP : Quelle est la vision à long terme de Yango en Côte d’Ivoire ?
M. Soro : Notre vision est de faire de Yango un partenaire technologique clé de la transformation numérique de la Côte d’Ivoire. Nous souhaitons bâtir un écosystème complet permettant aux citoyens d’accéder facilement à des services essentiels via une seule plateforme. Nous souhaitons soutenir l’intégration d’encore plus de véhicules électriques dans la flotte de nos partenaires pour contribuer aux objectifs environnementaux du pays. Nous visons une extension progressive de nos services sur l’ensemble du territoire, tout en adaptant nos solutions aux réalités locales. Au-delà de la mobilité, Yango Group est aussi connu à l’international pour nos services d’intelligence artificielle, de solutions de paiement et de divertissement numérique. La Côte d’Ivoire pourrait être un pays pilote pour de futurs projets dans ce sens. Sur le plan social, nous voulons avoir formé des milliers de jeunes aux métiers du numérique à travers le Yango Fellowship et d’autres programmes, créant ainsi une génération de talents qui façonnera le secteur technologique africain.
AIP : Comment Yango utilise-t-elle la technologie (IA, algorithmes) pour non seulement optimiser ses courses, mais aussi pour améliorer l’infrastructure numérique et la cartographie des villes ivoiriennes ?
M. Soro : La technologie et l’IA sont au cœur de notre ADN. Pour l’optimisation des courses, nos algorithmes analysent en temps réel les flux de trafic, les demandes et l’offre disponible pour réduire les temps d’attente et optimiser les trajets. Mais notre contribution va bien au-delà. Nous développons constamment la cartographie numérique des villes ivoiriennes grâce aux milliers de trajets effectués quotidiennement. Chaque course améliore notre connaissance du terrain : nouvelles routes, changements de circulation, points d’intérêt. Ces données bénéficient à l’ensemble de l’écosystème numérique, notamment à travers nos services de navigation et d’adressage.
AIP : Quels sont les principaux défis réglementaires ou infrastructurels que vous devez encore surmonter, et quelle est votre stratégie pour travailler de concert avec le gouvernement pour une réglementation adaptée à l’innovation ?
M. Soro : Le principal défi réside dans l’adaptation constante du cadre réglementaire à la rapidité de l’innovation technologique. Pendant plusieurs années, le secteur du VTC s’est développé dans un contexte réglementaire évolutif, avant d’être progressivement encadré dans le cadre législatif ivoirien. Pour autant, et ce, depuis le début et dans tous les marchés où on opère, notre approche est proactive, avec des réunions fréquentes avec les autorités. Le protocole d’accord signé en 2024 avec le Ministère de l’Emploi pour la protection sociale des chauffeurs et coursiers partenaires en est un exemple concret.
AIP : Comment vos plateformes aident-elles les PME locales (restaurants, commerçants) à se digitaliser et à accéder à de nouveaux marchés ?
M. Soro : Nos plateformes sont de véritables leviers de digitalisation pour les PME locales. Nous aidons les entreprises locales à acquérir les outils, la portée et la prévisibilité qui leur permettent de croître plus rapidement. Avec Yango Food, nous offrons aux restaurants une visibilité immédiate auprès de centaines de milliers d’utilisateurs potentiels. Cela permet même aux petits restaurants de quartier d’accéder à une clientèle qu’ils n’auraient jamais pu toucher autrement. Notre plateforme Achat et Vente transforme les commerçants en e-commerçants en quelques clics, leur donnant accès au marché du commerce en ligne sans investissement technologique lourd. Yango Delivery permet aux PME de tout type de professionnaliser leur activité et d’élargir leur clientèle. Nous accompagnons aussi ces entreprises dans leur transition numérique à travers des formations et un support technique. L’écosystème que nous créons génère des opportunités économiques concrètes : un restaurateur peut augmenter son chiffre d’affaires de 30 à 50% grâce à la livraison, un commerçant peut vendre au-delà de son quartier. C’est la démocratisation de l’économie numérique.
AIP : Quelles sont les fonctionnalités ou initiatives phares lancées récemment pour renforcer la sécurité des utilisateurs et des partenaires, et restaurer la confiance dans les services de VTC ?
M. Soro :En novembre 2025, nous avons déployé une refonte majeure de notre dispositif de sécurité. La nouveauté principale est l’intégration de checklists personnalisées permettant aux passagers de suivre en temps réel les mesures de protection activées lors de leurs trajets. Le centre de sécurité a été entièrement réorganisé avec des conseils pratiques et des outils accessibles avant et pendant les déplacements. Avant chaque course, l’application propose une liste d’actions essentielles : mise à jour des informations personnelles, ajout de contacts de confiance, vérification de l’adresse e-mail, envoi d’un selfie d’identification. Les éléments manquants sont automatiquement signalés. Nous maintenons aussi nos fonctionnalités historiques : géolocalisation en temps réel, bouton SOS en un clic, partage de trajet avec les proches. Pour les chauffeurs, nous avons un processus de vérification rigoureux en 5 étapes incluant la vérification des documents et de l’état du véhicule. Cette approche holistique de la sécurité restaure et renforce la confiance. Les retours utilisateurs sont plutôt positifs depuis le déploiement de ces nouvelles fonctionnalités.
AIP : Quels sont les principaux obstacles que vous rencontrez et comment Yango travaille-t-elle à les surmonter ?
M. Soro : Je ne parlerais pas forcément d’obstacles mais plutôt de challenges. Un des challenges est la perception et l’éducation du marché : beaucoup d’Ivoiriens découvrent encore l’économie des plateformes et ont besoin d’accompagnement pour adopter pleinement ces services. Nous y répondons par des campagnes de sensibilisation et un service client renforcé. Ensuite, l’infrastructure numérique et la connectivité restent inégales sur le territoire, limitant notre expansion dans certaines zones. Nous compensons par des investissements dans la cartographie et l’optimisation de notre application pour fonctionner même avec une connectivité limitée. Finalement, la concurrence informelle du secteur traditionnel du transport pose des défis en termes de régulation équitable. Nous travaillons avec les autorités pour un cadre réglementaire qui protège tous les acteurs tout en encourageant l’innovation.
AIP : Au niveau de la Responsabilité Sociale d’Entreprise (RSE), y a-t-il des initiatives majeures que Yango a menées ou soutient en Côte d’Ivoire (formation, environnement, soutien communautaire) qui illustrent votre engagement au-delà de votre cœur de métier ?
M. Soro : Notre engagement RSE est structuré autour de trois piliers majeurs. Le premier pilier est l’éducation, avec notre programme phare Yango Fellowship qui offre des bourses d’étude aux étudiants dans les domaines des STIM, lancé en partenariat avec la Fondation Benianh International. Sur 700 dossiers, nous avons sélectionné 20 boursiers pour 2025-2026 qui bénéficient de financement, mentorat et opportunités de networking. Abidjan est devenu le centre régional de coordination pour l’expansion panafricaine de ce programme, avec l’ambition de former plusieurs centaines de milliers de jeunes talents africains. Nous avons aussi lancé Yango Education, proposant des cours gratuits en analyse de données et programmation aux jeunes de notre écosystème. Le deuxième pilier est le sport, vecteur d’épanouissement pour la jeunesse. Depuis 2024, nous soutenons la Cassy Foot Academy, fournissant équipements et soutien logistique aux enfants défavorisés. Toujours dans le sport, nous sommes engagés auprès de l’Abidjan Basketball Club pour leur programme Fighters NextGen où 30 jeunes athlètes ivoiriennes âgées de 16 à 23 ans ont bénéficié d’un parcours complet alliant perfectionnement sportif, développement personnel, insertion professionnelle et, surtout, transmission. Ces jeunes joueuses ont animé des camps de basket pour initier et former plus de 500 filles, renforçant ainsi l’impact du programme au cœur des communautés. Sur le plan social, notre protocole avec le Ministère de l’Emploi et de la Protection Sociale intègre les chauffeurs et coursiers partenaires à la CMU et au régime social des travailleurs indépendants. Finalement, concernant l’environnement, nous travaillons au rajeunissement du parc automobile (de 15 ans en 2018 à 3 ans aujourd’hui) et préparons l’introduction de véhicules électriques via Yango Motors. Ces initiatives illustrent notre conviction que la technologie doit servir le développement humain durable.
AIP : Quel rôle stratégique Yango prévoit-elle de jouer dans la vision du gouvernement ivoirien pour le développement de l’économie numérique à l’horizon 2030 ?
M. Soro : Nous voulons être un partenaire stratégique incontournable de la vision gouvernementale pour l’économie numérique. Notre positionnement d’Abidjan comme hub régional africain s’alignent parfaitement avec l’ambition de la Côte d’Ivoire de devenir un leader technologique en Afrique de l’Ouest. Concrètement, nous contribuons à quatre axes majeurs : premièrement, la contribution à la création massive d’emplois formels et décents (indirects et directs) dans l’économie numérique ; ensuite, la digitalisation des PME et la structuration de l’économie informelle ; ensuite, le développement des infrastructures numériques (cartographie, adressage, connectivité) ; et finalement, la formation de talents numériques via le Yango Fellowship et nos autres programmes éducatifs. Nous collaborons activement avec les Ministères des Transports, de la Transition Numérique, de l’Emploi, de la Jeunesse et bien plus encore. Notre ambition est que d’ici 2030, l’écosystème Yango soit devenu un pilier de l’économie numérique ivoirienne, contribuant significativement au PIB digital, employant directement et indirectement des centaines de milliers de personnes, et ayant formé une génération de talents technologiques africains depuis Abidjan.
AIP : Quel est le message principal que vous souhaitez transmettre aujourd’hui au public ivoirien (consommateurs, partenaires, décideurs) sur le rôle et l’avenir de Yango dans le pays ?
M. Soro : Mon message est triple. Aux consommateurs : Yango n’est pas qu’une application de transport, c’est votre partenaire quotidien pour accéder à une vie urbaine plus simple, plus sûre et plus connectée. Chaque service que nous lançons – du transport premium Goya à l’expansion de l’offre de livraison de repas, vise à améliorer concrètement votre quotidien. Aux partenaires chauffeurs, coursiers partenaires et entrepreneurs : nous sommes vos partenaires de croissance. Notre succès dépend du vôtre. Aux décideurs : Yango est un partenaire de long terme, profondément engagé dans le développement de la Côte d’Ivoire. Nous avons démontré et nous continuerons de démontrer que la technologie peut être un puissant levier de transformation sociale et économique. Ensemble, construisons l’économie numérique ivoirienne de demain, créons des emplois décents, réduisons les inégalités et positionnons Abidjan comme la capitale technologique de l’Afrique francophone.
(AIP)
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