San Pedro, 19 jan 2026 (AIP)-Polaris Asso Côte d’Ivoire, avec l’appui de ses partenaires que sont l’ONG Voix de Femme et Écran Ambulant de Côte d’Ivoire (EACI), a mené, du mercredi 14 au samedi 17 janvier 2026 à San Pedro, une campagne de sensibilisation visant à prévenir les jeunes, en particulier les femmes, des risques liés au cyberharcèlement et à leur fournir des outils pour lutter efficacement contre ce phénomène.
Les séances de sensibilisation se sont déroulées à l’Institut moderne Athéna, à l’École supérieure de gestion (ESG) et à l’Alliance française, et ont enregistré la participation d’élèves, d’étudiants, des équipes pédagogiques ainsi que du grand public.
Elles ont été marquées par la projection du film documentaire « Harcèlement 2.0 : résilience des Africaines connectées » d’Aché Ahmat Moustapha, qui met en lumière l’ampleur et les spécificités du cyberharcèlement en Afrique, tout en suscitant une réflexion autour d’actions concrètes de prévention et de lutte contre ce fléau. Les projections ont été suivies de panels et d’échanges avec les participants.
À cette occasion, les personnes ressources locales, le directeur pays de Polaris Asso Côte d’Ivoire, Sidibé Salifou, et son adjoint, Zakaria Kamagaté, ont expliqué que des contenus tels que les commentaires désobligeants, les fausses sextapes, les menaces de mort, les insultes, le doxxing, la désinformation, la diffamation, les accusations gratuites, l’usurpation d’identité, les messages haineux, les annonces de décès virtuelles ou encore le chantage, publiés sur les réseaux sociaux et visant une personne, sont considérés comme des actes de cyberharcèlement.
Ils ont conseillé aux victimes de collecter le maximum de preuves, notamment des captures d’écran, afin de dénoncer les auteurs auprès de la police ou de la gendarmerie, ou de saisir la cellule d’écoute de Polaris Asso Côte d’Ivoire pour bénéficier d’une assistance appropriée. Les victimes peuvent également signaler ces actes aux plateformes numériques concernées, telles que TikTok, Facebook ou YouTube, afin que les auteurs soient sanctionnés ou bloqués.
Les panélistes ont insisté sur l’importance de la prévention du cyberharcèlement, en recommandant aux jeunes un usage plus sûr et responsable du numérique, notamment à travers la sécurisation de leurs données personnelles par la création de mots de passe robustes, l’évitement de l’exposition excessive de leur vie privée sur les réseaux sociaux, la sélection rigoureuse de leurs interlocuteurs et l’abstention de publier des contenus compromettants en violation de la loi sur la cybercriminalité.
Ils ont également invité les parents à jouer un rôle actif dans l’éducation numérique de leurs enfants, afin de favoriser un usage responsable et éclairé des réseaux sociaux.
Le directeur pays de Polaris Asso Côte d’Ivoire a, pour sa part, souligné la nécessité d’une mobilisation collective de tous les acteurs dans la lutte contre le cyberharcèlement, un phénomène souvent discret mais aux conséquences graves et parfois dévastatrices pour les victimes, majoritairement des femmes.

Financée par le Service de coopération et d’action culturelle (SCAC) de l’ambassade de France en Côte d’Ivoire, cette campagne de sensibilisation a également été menée à Korhogo en novembre dernier, l’une des deux villes ciblées par le projet.
Polaris Asso est une association à but non lucratif, une civic-tech africaine, dont l’ambition est de réveiller et de révéler le pouvoir citoyen de la jeunesse africaine à travers l’éducation et les outils numériques, en mobilisant le meilleur de la technologie et de l’humain pour capter la voix des citoyens, révéler leur potentiel et les engager aux côtés des institutions et des communautés pour une Afrique écoutée, respectée et actrice de son destin.
(AIP)
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