Lagos (Nigeria), 21 jan 2026 (AIP) – Le directeur général de Westaf digital services (WDS), Serge Laurent Adjovi, a plaidé, mardi 20 janvier 2026, pour une gouvernance et une régulation solide afin de réussir la transformation numérique en Afrique de l’Ouest, lors d’un panel tenu au Radisson Hotel de Lagos (Nigeria), dans le cadre de la consultation régionale sur la Vision 2050 de la CEDEAO.
Intervenant au cours du panel sur « L’impact de l’intelligence artificielle (IA) et des technologies émergentes sur la gouvernance, la paix et l’intégration », l’ancien directeur général de l’Agence béninoise pour le développement du numérique (ADN) a estimé que l’IA et les applications innovantes sont appelées à s’inscrire durablement dans les sociétés, mais qu’elles comportent des risques majeurs en l’absence de cadres appropriés.
Selon M. Adjovi, la protection des données, qu’il s’agisse de celles des citoyens, des administrations ou des entreprises, constitue un enjeu central. « Si nous ne protégeons pas les données de gouvernance, les données des citoyens et celles des entreprises, la transformation digitale sera catastrophique », a-t-il averti, insistant sur le fait que la transformation numérique a besoin de gouvernance.
S’appuyant sur son expérience au niveau national, il a relevé que les projets numériques échouent ou accusent des retards lorsque la gouvernance est défaillante, entraînant une faible adoption et un gaspillage de ressources. Pour lui, la gouvernance est également essentielle pour gérer le changement, assurer l’exécution et garantir l’appropriation effective des projets.
Abordant la dimension régionale, M. Adjovi a plaidé pour une cohérence entre les politiques numériques nationales et régionales, soulignant qu’aucun pays ne peut réussir sa digitalisation de manière isolée. Cette cohérence, a-t-il précisé, passe notamment par une coopération renforcée en matière de cybersécurité, conformément aux principes des traités internationaux.
Il a également évoqué la question de l’identité numérique, estimant que celle-ci doit pouvoir circuler au sein de l’espace communautaire tout en étant reconnue et sécurisée dans les pays d’accueil, ce qui suppose des mécanismes communs de gouvernance et de régulation.
Déplorant l’absence, au sein de la CEDEAO, d’un organe régional chargé de statuer sur la propriété, l’usage et la commercialisation des données, M. Adjovi a appelé à la mise en place d’une instance de régulation et d’un observatoire des données, afin d’encadrer leur exploitation et de formuler des propositions adaptées à l’écosystème.
Enfin, il a insisté sur l’importance de l’expertise et de la responsabilité dans la conduite des institutions numériques, estimant que les dirigeants doivent être orientés vers l’exécution, avec des objectifs clairs et mesurables, condition indispensable au succès des politiques publiques numériques dans la région.
(AIP)
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