Abidjan, 22 jan 2026 (AIP)- Le programme des Nations-Unies pour développement (PNUD) et la Côte d’Ivoire ont décidé de s’allier pour accélérer la révolution Intelligence artificielle (IA).
En 2023, la Côte d’Ivoire occupait le 138e rang mondial sur 193 pays dans le Government AI Readiness Index d’Oxford Insights, l’indicateur de référence qui mesure la capacité des États à intégrer l’intelligence artificielle dans leurs services publics. Avec un score de 32,78 sur 100, le pays accuse un retard important en matière d’infrastructures numériques, de compétences spécialisées et de cadre réglementaire.
Plutôt que de subir ce constat, les autorités ivoiriennes ont choisi d’en faire un point de départ de transformation digitale des services publics. Du lundi 17 au mercredi 19 novembre 2025, un atelier national a réuni ministères, experts, secteur privé et partenaires internationaux autour d’un objectif commun, s’organiser pour rattraper le retard en intelligence artificielle.
Organisé conjointement par le PNUD et le ministère de la Transition Numérique et de la Digitalisation, cet atelier s’inscrivait dans l’initiative mondiale AI SPRINT qui déploie l’outil AILA (Artificial Intelligence Landscape Assessment), une méthodologie permettant de cartographier de manière efficace l’écosystème IA d’un pays.
« L’outil AILA permet de cartographier l’état de préparation du pays, d’identifier les lacunes prioritaires et de proposer une feuille de route concrète pour un déploiement éthique et inclusif de l’IA », a souligné le Représentant Résident du PNUD en Côte d’Ivoire, Gaël Ollivier, lors de l’ouverture des travaux. Il a ajouté que, « Le PNUD s’engage à accompagner le gouvernement ivoirien à chaque étape de cette transformation, en mobilisant l’expertise technique internationale, en facilitant le dialogue entre tous les acteurs de l’écosystème, et en veillant à ce que personne ne soit laissé pour compte dans cette révolution numérique ».
L’évaluation a permis d’examiner l’écosystème ivoirien à travers trois dimensions, notamment les infrastructures, talents et startups existants, les usages potentiels de l’IA dans la gouvernance publique et les cadres juridiques et éthiques indispensables à un déploiement responsable.

Il en ressort que la Côte d’Ivoire souffre d’un déficit de centres de données et de capacités de calcul. L’accès à des données locales de qualité reste limité. Les talents spécialisés en IA sont rares et le cadre réglementaire demeure embryonnaire.
La fracture numérique persiste, excluant encore trop souvent femmes et jeunes de la révolution digitale. Les lacunes au sein de l’administration sont également multiples, la compréhension limitée des enjeux stratégiques de l’IA, manque d’expertise technique, incertitude quant aux transformations à venir dans les métiers du secteur public.
Avec l’adoption de la Stratégie Nationale de l’Intelligence Artificielle 2025-2030, le gouvernement ivoirien affiche une ambition claire celle de faire de la Côte d’Ivoire un leader régional de l’IA à l’horizon 2030.
L’évaluation AILA, réalisée avec l’appui du PNUD, constitue la ligne de départ de cette course de fond. Elle permettra de mobiliser des investissements massifs dans les infrastructures et la formation, de favoriser l’inclusion des populations vulnérables, et de mettre en place une gouvernance plus robuste de l’intelligence artificielle.
De la 138e place mondiale, la Côte d’Ivoire entend remonter dans le classement. Le sprint vers 2030 est lancé.
(AIP)
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