Abengourou, 23 jan 2026 (AIP) – Le président du Collectif des sociétés coopératives de l’Indénié-Djuablin (CSC-ID), Ehora Yao Léonard, a exprimé le jeudi 22 janvier 2026 à Abengourou, l’inquiétude des présidents de conseils d’administration (PCA) des coopératives face à l’importante quantité de cacao non encore commercialisée.
S’exprimant lors d’un point presse tenu à son siège, à l’issue d’une rencontre avec les producteurs de cacao de la zone, il a indiqué que la filière est confrontée, depuis le début du mois de novembre, à une « lourdeur dans la commercialisation intérieure » du cacao.
Par ailleurs président du conseil d’administration de la coopérative Ahonto d’Abengourou et président de la Coordination rurale de Côte d’Ivoire (CR-CI), Ehora Yao Léonard a relevé que sur la base du prix bord champ fixé à 2 800 FCFA/kg et de l’enveloppe de 280 milliards FCFA annoncée par le gouvernement pour le déstockage, le volume concerné correspond à 100 000 tonnes.
Toutefois, a-t-il précisé, les informations remontant des différentes zones de production font état d’un stock largement supérieur à ce chiffre. « On nous a parlé successivement de 130 000 tonnes, puis de 123 000 tonnes », a-t-il indiqué.
Face à cette situation, le président du CSC-ID a dit craindre des poursuites judiciaires et des incompréhensions avec les producteurs et le personnel embauché, dans le cas où une partie du cacao collecté ne serait pas prise en compte dans l’opération de déstockage annoncée par l’État.
Il a attiré l’attention sur les risques financiers auxquels sont confrontées les sociétés coopératives au cours de la campagne 2025-2026, expliquant qu’à l’entame de chaque campagne, celles-ci contractent des prêts bancaires et des crédits d’intrants, notamment pour l’acquisition d’engrais, que les producteurs remboursent à travers la livraison de leur cacao. « Si le cacao n’est pas vendu, comment rembourser les crédits d’engrais et honorer les engagements vis-à-vis des banques et payer le personnel embauché », a-t-il questionné.
M. Ehora a prévenu que cette situation est susceptible de conduire les coopératives à la faillite, au regard des charges liées aux avances versées aux producteurs, aux pertes de poids, aux risques de vol et aux frais de fonctionnement.
Il a salué l’engagement pris par l’État de procéder au déstockage du cacao et exprimé l’espoir que l’ensemble de la production actuellement en stock, ainsi que celle encore en cours de récolte, soit prise en compte, afin d’éviter une crise sociale et financière au sein des coopératives et des communautés productrices.
(AIP)
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