Guiglo, 24 jan 2026 (AIP) – La cheffe du service de la protection judiciaire de l’enfance et de la jeunesse du Tribunal de première instance de Guiglo, Pulchérie Olga Yapo, a préconisé une approche globale fondée sur la protection et la sanction afin d’éradiquer les violences sexuelles faites aux enfants et aux femmes dans l’arrondissement judiciaire de Guiglo, chef-lieu de la région du Cavally (Ouest de la Côte d’Ivoire).
Mme Yapo s’exprimait vendredi 23 janvier 2026 à Guiglo, à l’occasion de la Journée portes ouvertes du Tribunal de première instance de Guiglo.
« Pour venir à bout de ce fléau, il faut une approche globale fondée sur la protection et la sanction. Il faut prévenir par l’éducation et la sensibilisation, à travers l’organisation de campagnes communautaires visant à faire comprendre que les violences ne sont pas des affaires de famille, mais des crimes punis par la loi », a-t-elle déclaré.
La cheffe de service a également souligné la nécessité d’impliquer les chefs traditionnels et les guides religieux dans la lutte contre les mariages précoces et les pratiques humiliantes, tout en créant et en renforçant les centres d’accueil et de prise en charge psychologique des victimes à Guiglo, Duékoué, Bloléquin, Taï et Toulépleu.
Mme Yapo a insisté sur l’importance d’assurer un suivi médical, juridique et social des victimes, aussi bien en milieu urbain que rural. Elle a, en outre, appelé à la saisine systématique des autorités judiciaires, policières et de la gendarmerie, ainsi qu’à la sanction des auteurs de ces actes, afin de lutter efficacement contre l’impunité.
Selon elle, la lutte contre les violences sexuelles ne relève pas uniquement de la justice, mais engage l’ensemble de la société, notamment les parents, les éducateurs, les autorités coutumières et religieuses, les médias, les ONG et les institutions publiques. À cet effet, elle a exhorté les parents à inculquer à leurs enfants les valeurs de respect mutuel, de non-violence, de tolérance et d’égalité.
Dans le Cavally et le Guémon, a-t-elle assuré, les populations doivent œuvrer à transformer la peur des victimes de violences sexuelles en confiance et leur souffrance en espoir, rappelant que les violences faites aux enfants et aux femmes constituent non seulement une violation des droits humains, mais aussi un échec collectif, révélateur de la nécessité pour la société de mieux protéger les personnes vulnérables.
« Briser le silence, c’est faire œuvre de justice ; agir, c’est reconstruire dans la dignité. Protéger les femmes et les enfants, c’est bâtir une société plus juste, plus équitable et plus humaine », a-t-elle conclu.
Créée en 2013 à la suite de la subdivision du Tribunal de première instance de Man, la section de Guiglo a été érigée en Tribunal de première instance par le décret n°2025-633 du 13 juin 2025 et demeure au service des populations de la région du Cavally.
(AIP)
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