Abidjan, 25 jan 2026 (AIP) – D’ici 2050, un enfant sur trois dans le monde vivra en Afrique, un basculement démographique majeur qui intervient dans un contexte de crise aiguë de l’apprentissage, selon des analyses relayées par des partenaires internationaux de l’éducation, dont la Banque mondiale, la Fondation Gates et Fab AI.
Dans les pays à revenu faible et intermédiaire (PRFI), plus de 70 % des enfants ne savent ni lire ni comprendre un texte simple à l’âge de 10 ans. En Afrique subsaharienne, cette proportion atteignait 86 % avant la pandémie de Covid-19, faisant planer le risque que l’avantage démographique du continent se transforme en pertes d’opportunités, de talents et de productivité.
L’intelligence artificielle (IA) apparaît comme une opportunité pour inverser la tendance, à condition que les solutions d’EdTech soient conçues pour les réalités des PRFI. La majorité des outils actuels sont en effet adaptés aux pays à revenu élevé, où les infrastructures, la disponibilité des données et les conditions d’apprentissage diffèrent fortement.
Des expériences pilotes montrent toutefois un potentiel tangible. En Inde, des outils d’évaluation basés sur l’IA ont permis de corriger des devoirs papier de 4,5 millions d’élèves. Au Kenya, près de 400 000 enfants utilisent une solution de pédagogie structurée avec des gains d’apprentissage démontrés. Au Nigeria, un programme parascolaire soutenu par la Banque mondiale a enregistré des progrès significatifs après six semaines de tutorat par IA, combiné à l’accompagnement d’enseignants.
Pour que l’IA contribue équitablement à l’amélioration des apprentissages, les partenaires identifient trois priorités, à savoir la conception équitable des outils tenant compte des langues, des cultures, des programmes scolaires et des contraintes d’infrastructure ; la collaboration entre développeurs locaux, éducateurs, gouvernements et grandes entreprises technologiques ; et la constitution de données probantes garantissant la qualité, la sécurité et l’efficacité des solutions.
Selon les experts, 0,2 % des données utilisées pour entraîner les modèles d’IA proviennent d’Afrique et d’Amérique du Sud, ce qui souligne la nécessité d’une meilleure représentation des contextes locaux. Des partenariats émergent déjà, notamment au Rwanda, au Kenya et en Inde, tandis que plusieurs projets pilotes soutenus par la Banque mondiale sont en cours en Côte d’Ivoire, en Gambie, au Mali et au Ghana.
Réunis en novembre 2025 au Sommet sur l’IA pour l’éducation à Nairobi, plus de 100 acteurs de l’éducation et de la technologie ont appelé à des solutions systémiques, ancrées dans les réalités locales. Pour le directeur mondial de l’éducation à la Banque mondiale, Luis Benveniste, il s’agit de « soutenir les élèves de l’apprentissage fondamental aux compétences pertinentes pour l’emploi, en tirant parti d’une IA responsable ».
Les partenaires invitent ainsi l’ensemble des acteurs à unir leurs efforts pour façonner une EdTech basée sur l’IA, sûre, efficace et adaptée aux PRFI, afin de permettre à la prochaine génération africaine d’apprendre, de progresser et de s’épanouir.
(AIP)
cmas

