Abidjan, 28 jan 2026 (AIP) – La nouvelle interprofession de la filière manioc, dénommée Organisation interprofessionnelle agricole (OIA Manioc), a été officiellement lancée, mardi 27 janvier 2026 à Abidjan Marcory, avec pour objectif de structurer l’ensemble des demandes de financement de projets au profit des acteurs du secteur, a annoncé le président de son conseil d’administration (PCA), Kévin Yédo Nomel.
« Aujourd’hui, nous voulons structurer toutes les demandes de financement à travers l’interprofession pour le compte de nos acteurs, et garantir, pourquoi pas, une certaine aisance auprès des institutions financières afin qu’elles puissent réellement accompagner la filière », a expliqué M. Nomel.
L’OIA Manioc ambitionne de réduire les risques liés aux investissements, d’améliorer la visibilité sur les volumes, les marchés et les acteurs, tout en instaurant une organisation collective capable de réduire l’asymétrie de l’information et de faciliter l’accès à l’achat à crédit.
Le PCA a toutefois relevé plusieurs défis majeurs auxquels fait face la filière, notamment la fragmentation des acteurs, la faiblesse de la transformation, l’accès limité au financement, les pertes post-récolte élevées et l’insuffisante valorisation industrielle du manioc.
Pour M. Nomel, cette fragmentation a freiné les investissements, limité l’accès au crédit et empêché la filière d’atteindre son plein potentiel, tout en précisant que le problème ne se situe pas au niveau de la production.
« Nous sommes unis. Il faut donc nous faire confiance et nous accompagner », a-t-il plaidé, présentant l’OIA Manioc comme l’interlocuteur privilégié, voire unique, des pouvoirs publics et des partenaires financiers. Il a également décrit l’interprofession comme une véritable infrastructure de marché et un cadre de coordination entre l’ensemble des acteurs.
Allant dans le même sens, la fondatrice de Lady Agri, Hilary Barry, a exprimé sa volonté de faire du manioc un vecteur d’inclusion économique. Elle a exhorté les institutions financières à contribuer à la structuration du secteur, tout en invitant les partenaires techniques et financiers à soutenir une transformation « systémique et durable ».
La présidente de la Fédération des femmes du secteur vivrier de Côte d’Ivoire, Lucie Gbakayoro, a qualifié l’activité de rentable, tout en soulevant la problématique des garanties exigées par les banques lors des demandes de prêt. Elle a appelé les structures désireuses de soutenir les femmes du secteur vivrier à œuvrer à la mise en place de mécanismes de garantie adaptés à leur situation.
En mai 2015, la Côte d’Ivoire a mobilisé plus de 46 milliards FCFA auprès de la Banque islamique de développement (BID) pour financer le Projet de développement de la chaîne de valeur du manioc (PDCVM), visant la dynamisation durable de la filière.
(AIP)
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