Abidjan, 28 jan 2026 (AIP) – Les arrivées de réfugiés et migrants soudanais en Europe ont fortement augmenté en 2025, triplant entre janvier et novembre par rapport à la même période en 2024, selon une information publiée par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) le mercredi 28 janvier 2026.
Sur plus de 155.000 migrants et réfugiés ayant rejoint l’Europe par la Méditerranée l’an dernier, plus de 12.600 étaient des ressortissants soudanais au cours des onze premiers mois de 2025. Près de 65% d’entre eux sont arrivés en Grèce, environ 30% en Italie, le reste ayant rejoint l’Espagne.
Les données de l’OIM indiquent une présence notable de femmes parmi les Soudanais arrivés en Grèce, représentant environ 18 % de ce flux. En Italie, bien que non incluses dans l’échantillon principal, les statistiques nationales révèlent également une proportion significative d’enfants, estimée à 18%, majoritairement des adolescents âgés de 15 à 17 ans.
Les conflits armés et la violence demeurent les principaux facteurs de ces déplacements. Chez les hommes comme chez les femmes interrogés, la guerre ou les conflits ont été cités comme motif de départ dans plus de 90% des cas, tandis que la violence personnelle a également été évoquée. Seule une minorité a mentionné des raisons économiques.
Cette dynamique migratoire reflète l’aggravation de la crise soudanaise. Après des fluctuations entre 2020 et 2024, les arrivées de Soudanais en Europe ont connu une hausse marquée entre 2023 et 2025, notamment sur les routes menant à l’Italie et à la Grèce. Les intentions de destination varient selon l’itinéraire, plus de 80% des arrivants en Grèce envisagent d’y rester, tandis que ceux arrivant en Italie citent fréquemment le Royaume-Uni, la France ou d’autres pays européens.
L’OIM observe par ailleurs une augmentation différée des transits à travers les Balkans occidentaux, consécutive aux pics d’arrivées en Grèce. Les données du Royaume-Uni confirment également une hausse des arrivées dites « irrégulières » de Soudanais, atteignant leur niveau le plus élevé depuis cinq ans en 2025.
Ces parcours restent longs et périlleux. Plus de la moitié des migrants soudanais passent au moins un an dans des pays de transit comme la Libye ou l’Égypte, où nombre d’entre eux déclarent avoir subi violences, détentions arbitraires ou exploitation.
Selon l’OIM, cette pression migratoire s’inscrit dans une crise humanitaire d’ampleur : plus de 9,2 millions de déplacés internes sont recensés au Soudan, tandis que plus de 4,4 millions de personnes ont trouvé refuge à l’étranger depuis avril 2023.
(AIP)
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