Abidjan, 28 jan 2026 (AIP) – La République démocratique du Congo (RDC) et la communauté humanitaire ont lancé le mardi 27 janvier 2026 à Kinshasa, un appel de fonds de 1,4 milliard de dollars pour répondre aux besoins vitaux de millions de personnes, notamment dans l’est du pays, où la situation humanitaire continue de se détériorer.
Alors que près de 15 millions de Congolais sont en détresse, l’Organisation des Nations Unies (ONU) et ses partenaires indiquent que le manque de ressources les contraint à concentrer l’assistance sur les 7,3 millions de personnes les plus vulnérables. « La combinaison de besoins immenses et de ressources limitées nous impose des choix extrêmement difficiles, parfois impossibles », a déclaré le Coordonnateur humanitaire des Nations Unies en RDC, Bruno Lemarquis.
Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), le plan de réponse 2026 a été drastiquement recentré, ciblant uniquement les zones touchées par trois chocs majeurs : les conflits armés, les aléas climatiques et les épidémies. Il couvre désormais 228 zones de santé, contre 332 l’année précédente.
Cette réduction intervient dans un contexte déjà critique, en particulier dans l’est du pays, où les affrontements persistants au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri ont entraîné des déplacements massifs, perturbé les chaînes d’approvisionnement et compliqué l’accès humanitaire. Le sous-financement chronique aggrave la situation, en 2025, seuls 24% des 2,54 milliards de dollars requis avaient été mobilisés.
Les conséquences sont lourdes. Plus de 1.000 centres de nutrition ont fermé, privant environ 390.000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère de soins essentiels. En outre, près de 1,5 million de personnes ont perdu l’accès aux soins de santé primaires, tandis que l’aide alimentaire mensuelle a été réduite de près de trois quarts, exposant davantage les populations à la faim.
Face à cette impasse, M. Lemarquis a appelé à un « changement de paradigme », soulignant que l’aide humanitaire, bien que vitale, ne saurait à elle seule résoudre les crises. « La quête de la paix doit être au centre de nos efforts. Les solutions sont avant tout politiques », a-t-il insisté.
Malgré une attention internationale jugée insuffisante, l’ONU assure que la communauté humanitaire reste mobilisée aux côtés du gouvernement congolais, tout en appelant à un financement accru pour intensifier l’aide.
(AIP)
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