Abidjan, 30 jan 2026 (AIP)- Des professionnels des médias ont partagé leurs expériences conjointes sur la question du renforcement des capacités sur les Maladies tropicales négligées (MTN) pour une meilleure lutte en Afrique, lors d’un panel organisé jeudi 29 janvier 2026 à Cotonou (Bénin), dans le cadre des travaux du Forum des médias africains sur l’élimination des Maladies tropicales négligées (MTN).
Ces échanges autour du thème “Rôles des médias africains dans le plaidoyer et la mobilisation des ressources”, ont relevé que pour une meilleure prise en charge holistique par les gouvernements africains et les communautés, les journalistes, surtout, doivent être bien formés, ne pas se contenter de simples comptes rendus, mais aussi, d’aller au-delà de l’évènementiel, pour attirer l’attention et les financements sur ces pathologies.
Selon le vice-président du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REPMAPSEN), chargé de l’Afrique centrale, Prince Yassa, nombre de pays africains sont souvent confrontés aux crises militaro-politiques, ce qui malheureusement relèguent les questions de santé au second plan, encore plus les MTN, dont les populations rurales ignorent les symptômes.
Cependant, il préconise aux journalistes de travailler sans cesse sur ces thématiques en produisant ou publiant des grands genres journalistiques (reportages, enquêtes, dossiers..) emphatiques, à les rendre virales pour attirer l’attention des décideurs.
« A l’ère du numérique, en plus des médias traditionnels que sont la presse écrite et audiovisuelle, il faut vraiment +envahir+ les réseaux sociaux, les sites web, sans oublier les podcastes avec des récits de vies poignants. Des petits films et des sketchs peuvent également être utilisés pour mobiliser les leaders religieux et communautaires sur les symptômes, lever les préjugés socio-culturels, et briser les obstacles liés à ces maladies. Aussi, ces mêmes éléments seront proposés aux gouvernants pour qu’ils sachent la réalité dans nos contrées, et ainsi, décaisser des fonds », a suggéré le directeur de l’agence de communication Hidonou Group, Constant Lavinou.
Ce forum international de partage d’expériences et de renforcement des capacités des journalistes, qui a pour thème central « De la négligence à la mise en lumière : faire avancer l’agenda africain pour l’élimination des maladies tropicales négligées (MTN)», co-organisé par le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REPMAPSEN), l’ONG internationale Speak Up Africa, la Fondation Raoul Follereau et le Bureau-pays de l’OMS, prennent fin le 30 janvier.
Ces assises seront constituées de panels, travaux de groupes, visites de terrain, et clôturées par une cérémonie de récompense les “Awards du REMPASEN” des meilleurs journalistes membres du réseau, ayant produit en quantité et en qualité sur des thématiques de la santé et de l’environnement tout au long de l’année, en présence du parrain du forum, Dr Michel Sidibé (ex-directeur exécutif de l’Onusida et actuel directeur de l’Agence africaine du médicament +AMA).
Les MTN, qui touchent plus de 1,5 milliard de personnes dans le monde entier et tuent 170 000 personnes par an, constituent un groupe diversifié d’affections qui sévissent principalement dans les zones tropicales, où elles prolifèrent au sein des communautés pauvres. Elles sont dues à différents agents pathogènes (virus, bactéries, parasites, champignons ou toxines) et peuvent provoquer de graves défigurations et d’autres handicaps à long terme qui créent des obstacles à l’éducation, à l’emploi, et au développement socio-économique.
On peut citer, entre autres, l’ulcère de Buruli, la dengue, l’éléphantiasis, l’onchocercose, le ver de Guinée, les vers intestinaux, la trypanosomiase, la gale, le pian…
(AIP)
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