Bangolo, 04 fév 2026 (AIP) – L’étudiant en sociologie à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, Maho Biohou Jean-Martial, a expliqué le rôle central et hautement symbolique du neveu, appelé Yougan, dans la tradition Wê, lequel repose sur une fonction à la fois honorifique, éducative et rituelle au sein de la famille maternelle, lors d’un entretien accordé à l’Agence Ivoirienne de Presse, mardi 03 février 2026 à Bangolo.
Originaire du village de Wongbaé, dans la commune de Bangolo, l’étudiant a souligné que le Yougan, « fils de la femme », est considéré comme le « petit prince » de sa lignée maternelle, bénéficiant d’une attention particulière tout en étant soumis à des devoirs rigoureux. Cette position, a-t-il précisé, constitue l’un des fondements de l’organisation sociale et de la transmission des valeurs au sein de la communauté Wê.
M. Maho a illustré ses propos par une expérience personnelle survenue le 27 décembre dernier, à la suite du décès du frère aîné de sa mère. Investi du statut de Yougan, il a, conformément aux usages ancestraux, veillé le défunt jusqu’à sa dernière demeure et pris une part active à l’ensemble des cérémonies funéraires. « J’ai accompli, sans réserve ni plainte, toutes les tâches qui m’ont été confiées par mes oncles maternels au cours de la journée », a-t-il témoigné.
Selon lui, à l’issue des funérailles, le Yougan reçoit traditionnellement des présents et des bénédictions, marques de reconnaissance pour son engagement et son respect scrupuleux des rites. Toutefois, ces privilèges s’accompagnent d’obligations strictes, notamment l’exécution diligente des services demandés par les oncles maternels et une implication constante dans les rites funéraires.
Au-delà de la dimension rituelle, l’étudiant a insisté sur la portée éducative et morale de cette fonction. Être Yougan, a-t-il expliqué, signifie apprendre très tôt le sens du service, de la patience, du dévouement et de la responsabilité, valeurs cardinales de la société Wê. Transmis de générations en générations, ce rôle contribue à la préservation de l’identité culturelle et au renforcement de la cohésion sociale autour de la famille maternelle.
Cette expérience, a-t-il conclu, illustre l’importance du respect des coutumes ancestrales et des liens maternels dans la société Wê, où le Yougan demeure un pilier essentiel de la transmission des valeurs, de l’unité familiale et de la pérennité de l’héritage culturel.
(AIP)
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