Abidjan, 04 fév 2026 (AIP) – Le directeur des opérations de la Banque mondiale, Renaud Seligmann, a annoncé mardi 3 février 2026, à Abidjan, trois axes stratégiques majeurs pour améliorer l’approvisionnement en eau potable, lors d’un atelier de présentation de la plateforme des bailleurs de fonds dédiée à l’atteinte de l’Objectif de développement durable 6 (ODD 6), tenu à Latrille Event, à Cocody.
Ces stratégies reposent sur trois piliers complémentaires que sont « l’eau pour les populations, l’eau pour la production alimentaire et l’eau pour la planète », a expliqué M. Seligmann, soulignant que ces axes « se renforcent mutuellement ».
Selon lui, une gestion durable et efficace des ressources en eau est indispensable pour garantir l’irrigation agricole, nourrir une population mondiale en forte croissance et préserver les écosystèmes naturels. À travers cette approche, le Groupe de la Banque mondiale s’engage à améliorer la sécurité hydrique de près de 400 millions de personnes dans les années à venir.
Renaud Seligmann a rappelé que l’Afrique connaîtra d’ici à 2050 une croissance démographique d’environ 740 millions d’habitants supplémentaires, représentant à la fois un important potentiel humain et économique, mais aussi une pression accrue sur les services essentiels, notamment l’accès à l’eau potable.
Fort de son expérience sur le continent africain, où il a vécu et travaillé dans plus de 40 pays, le responsable de la Banque mondiale a évoqué les réalités quotidiennes observées, notamment celles des femmes et des enfants contraints de parcourir de longues distances pour s’approvisionner en eau, principalement en milieu rural. Une situation qui persiste encore aujourd’hui en Afrique et en Côte d’Ivoire, malgré les progrès économiques enregistrés.

Il a par ailleurs mis en garde contre les effets du changement climatique, qui accentuent la rareté de l’eau à travers des sécheresses prolongées, des saisons imprévisibles, des pluies extrêmes et des inondations, entraînant la contamination des puits et la destruction des moyens de subsistance des ménages vulnérables.
Dans ce contexte, l’eau demeure un facteur clé de vie, de prospérité, de création d’emplois et de résilience économique, alors que plus de 60 % du PIB mondial dépend de secteurs sensibles à la disponibilité de cette ressource, a-t-il souligné.
La nouvelle stratégie eau de la Banque mondiale, récemment approuvée par son conseil d’administration, vise à contribuer à un monde sans pauvreté sur une planète durable, en transformant les modes de gestion des ressources hydriques. Elle entend faire de l’eau un levier de croissance et d’opportunités économiques pour les pays africains.
M. Seligmann a également insisté sur la nécessité de mobiliser les capitaux privés pour atteindre les objectifs de développement, précisant que cela suppose une soutenabilité financière du secteur de l’eau, tout en mettant en place des mécanismes ciblés pour réduire les inégalités d’accès.
La Banque mondiale encourage ainsi le renforcement de la sécurité de l’approvisionnement, l’optimisation de la gestion des ressources, l’amélioration de la qualité des services et de la gouvernance, à travers plus de transparence et une meilleure coordination avec les politiques publiques nationales. Elle réaffirme enfin son engagement à accompagner le gouvernement ivoirien et les autres partenaires, du diagnostic à la mise en œuvre des réformes.
(AIP)
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