Abidjan, 09 fév 2026 (AIP) – La ministre malgache de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, a achevé dimanche 8 février 2026 une visite de travail à Maurice, consacrée au renforcement de la coopération judiciaire entre Antananarivo et Port-Louis, notamment dans des dossiers de blanchiment d’argent impliquant des ressortissants malgaches.
Selon des médias internationaux, au cours de son séjour, Mme Ernaivo a rencontré son homologue mauricien ainsi que le Premier ministre, avec lesquels elle a échangé sur plusieurs affaires sensibles, dont celle du milliardaire malgache Mamy Ravatomanga. Les autorités malgaches soupçonnent que d’importantes sommes issues de détournements de fonds publics auraient transité ou été investies à Maurice.
Le dossier de Mamy Ravatomanga, proche de l’ancien président Andry Rajoelina, a occupé une place centrale dans les discussions. L’homme d’affaires est incarcéré à Maurice depuis décembre dernier pour des faits présumés de blanchiment d’argent et d’entente délictueuse, dans le cadre d’une affaire de trafic d’influence.
Lors de sa visite, la ministre malgache de la Justice a réaffirmé la volonté de Madagascar d’obtenir l’extradition du mis en cause. Toutefois, cette procédure ne pourra être engagée qu’à l’issue de l’enquête en cours à Maurice et après que l’intéressé aura été jugé par la justice mauricienne. Maurice n’a pas d’objections, a assuré Mme Ernaivo.
Par ailleurs, une délégation d’enquêteurs malgaches séjourne actuellement à Maurice pour l’exécution d’une commission rogatoire internationale, en collaboration avec les autorités locales. Les investigations portent sur des soupçons de détournement de fonds publics, de fraude fiscale et de blanchiment d’argent à travers des sociétés écrans et des circuits financiers internationaux. Selon les autorités malgaches, les montants en cause pourraient atteindre plusieurs centaines de millions d’euros.
En marge de ce dossier, la ministre a indiqué que ses échanges avec les autorités mauriciennes ont permis de renforcer la coopération judiciaire entre les deux pays, notamment en matière de partage d’informations et de simplification des procédures d’entraide.
Bien qu’un accord bilatéral encadre déjà cette coopération depuis 2019, Mme Fanirisoa Ernaivo n’exclut pas l’introduction de nouvelles dispositions visant à faciliter le rapatriement des fonds et à améliorer l’assistance judiciaire mutuelle.
(AIP)
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