Dans son adresse inaugurale, elle a souligné la nécessité d’analyser l’art africain à partir de ses réalités locales, sociales, culturelles et environnementales, afin d’en saisir toute la spécificité.
« L’histoire, loin d’être figée ou réfugiée, est en perpétuelle évolution. Une telle parole est le but principal de l’art contemporain, de la critique et de la curation », a-t-elle déclaré, insistant sur l’importance d’un regard critique capable de révéler la richesse culturelle du continent.
Dr Ben Brahim a relevé que les pratiques artistiques africaines ont longtemps été évaluées à l’aune de critères occidentaux. « Lorsque les sculptures et masques africains sont interprétés par les anciennes théories du beau, ils perdent leur portée artistique », a-t-elle précisé, appelant à une lecture autonome, enracinée dans les contextes africains.
Elle a également mis en avant l’urgence de renforcer la production scientifique et critique sur le continent. « Les diplômés peuvent-ils réellement être considérés comme des intellectuels capables de développer une théorie artistique et esthétique africaine contemporaine ? » s’est-elle interrogée, pointant la rareté des écrits spécialisés.
Placée sous le thème « Repenser la critique d’art : regards sur la création contemporaine en Afrique », la rencontre scientifique de trois jours réunit universitaires, critiques, curateurs et artistes de plusieurs pays africains et européens. Les travaux, prévus jusqu’au 12 février, visent à formuler des recommandations pour nourrir les politiques culturelles et les pratiques artistiques en Afrique.