Abidjan, 12 fev 2026 (AIP )- Le directeur du Centre Ivoirien Antipollution (CIAPOL), Pr Bernard Ossey Yapo, a effectué jeudi 12 février 2026, une visite du chantier du futur bâtiment R+1 du CIAPOL situé dans la zone portuaire de Vridi, au sein du Port Autonome d’Abidjan.
Cette visite s’inscrit dans le cadre du projet de réhabilitation du bâtiment destiné à abriter un laboratoire moderne et des bureaux opérationnels, financé par la Banque mondiale à travers la composante 5 du Projet d’Investissement Forestier phase 2 (PIF 2).
Cette réhabilitation intervient dans un contexte national marqué par d’importantes réformes environnementales engagées par le gouvernement ivoirien, notamment à travers la stratégie nationale REDD+, la Stratégie de préservation, réhabilitation et extension des forêts (SPREF) et l’Initiative cacao et forêts (ICF).
Appuyé par la Banque mondiale, le PIF 2, d’un montant global de 148 millions de dollars sur la période 2022-2029, vise à conserver et accroître le stock forestier tout en améliorant les revenus issus de la gestion durable des forêts. Au-delà des actions menées en milieu forestier, le projet intègre également le renforcement institutionnel des structures clés intervenant dans la gouvernance environnementale, dont le CIAPOL.
C’est dans ce cadre que la Banque mondiale soutient la réhabilitation et l’équipement du bâtiment du CIAPOL, appelé à devenir un pôle stratégique de veille environnementale en zone portuaire. Le CIAPOL constitue un instrument technique et scientifique de premier plan dans l’évaluation et le suivi de l’état de l’environnement en Côte d’Ivoire.
Il est chargé de prévenir la dégradation des milieux naturels, qu’il s’agisse des eaux, des sols ou de l’air, d’intervenir en cas de pollution accidentelle et d’accompagner les industries dans l’évaluation des risques environnementaux générés par leurs activités.
À la suite de la crise post-électorale de 2011, le CIAPOL a subi d’importants dégâts matériels, perdant ses bâtiments, ses équipements de laboratoire ainsi que ses moyens navals et d’intervention. Depuis lors, l’institution fonctionne dans des conditions précaires, dans des locaux provisoires dispersés à Abidjan et avec des moyens limités.
Le projet de réinstallation et de réhabilitation du bâtiment de Vridi, à défaut d’un siège à proprement dit, vise ainsi à restaurer les capacités techniques et opérationnelles du CIAPOL afin de lui permettre d’assurer efficacement sa mission de veille environnementale et d’intervention rapide en cas de pollution accidentelle pouvant affecter les écosystèmes et les populations.
« Ce futur bâtiment, qui abritera notamment le Bureau du Port ainsi qu’un laboratoire moderne, permettra d’assurer une veille environnementale permanente dans l’enceinte portuaire », a indiqué Pr Ossey.

La position stratégique de ce bâtiment, au cœur des activités maritimes, facilitera le suivi rigoureux des navires en escale, le contrôle des opérations de manutention et la surveillance des activités susceptibles de générer des pollutions marines ou lagunaires.
Cette proximité avec les quais et les zones d’opérations renforcera la capacité d’intervention rapide en cas d’incident environnemental et l’application effective des textes réglementaires relatifs à la protection du littoral, note-t-on
Financé à hauteur de 300 millions de FCFA, le projet prévoit la réhabilitation complète du bâtiment R+1 à usage de laboratoire et de bureaux ainsi que son équipement en matériels techniques adaptés aux exigences modernes de contrôle environnemental.
La mission de suivi et de contrôle des travaux est confiée au cabinet ECGTX, conformément aux termes de référence établis pour garantir la qualité et la conformité des travaux.
Au-delà d’une simple infrastructure administrative. « Ce futur siège opérationnel représente un levier stratégique pour le repositionnement du CIAPOL au cœur du dispositif national de gouvernance environnementale. Il permettra d’améliorer la réactivité des équipes, d’optimiser la coordination avec les autorités portuaires et les opérateurs économiques et de renforcer la gestion des risques environnementaux liés au trafic maritime », a souligné le Pr Ossey.
La concrétisation de ce projet au Port autonome d’Abidjan ouvre également la voie à un renforcement progressif de la présence du CIAPOL dans d’autres zones stratégiques du pays. Dans un contexte d’intensification des flux de transport et d’échanges commerciaux, l’installation de représentations opérationnelles dans d’autres pôles de transit (Aéroports et gares ferroviaires) constituerait une avancée significative en matière de prévention et de gestion des risques environnementaux.
À travers cette initiative, le CIAPOL réaffirme sa volonté de moderniser ses moyens d’action, de consolider son ancrage institutionnel et de contribuer activement à une gouvernance environnementale durable au service du développement de la Côte d’Ivoire.
(AIP)
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