Abidjan, 12 fév 2026 (AIP) – Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Ibrahim Kalil Konaté, a présidé, jeudi 12 février 2026, à Abidjan, l’ouverture de la 10ᵉ édition des Journées nationales de la transformation (JNT), au Centre de démonstration et de promotion technologique (CDT) à Abidjan- Marcory Biétry, placée sous le thème : « Quelle implication des collectivités territoriales dans la promotion des farines locales comme alternative au blé ? ».
Cette édition vise à promouvoir la transformation locale des productions agricoles et à renforcer la souveraineté alimentaire de la Côte d’Ivoire.
Elle s’est déroulée en présence du président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), Eugène Aka Aouélé, ainsi que de plusieurs autorités gouvernementales, partenaires techniques et acteurs du secteur agro-industriel.
Le ministre Ibrahim Kalil Konaté a rappelé la vision du président de la République, Alassane Ouattara, d’accélérer la transition d’une économie agricole vers une économie de transformation, soulignant que les unités de transformation constituent des leviers essentiels de création de valeur ajoutée et d’emplois.
« La valorisation de nos productions agricoles, notamment à travers leur transformation en farines locales, s’impose comme une réponse stratégique à notre dépendance aux produits alimentaires importés », a indiqué le ministre.
Il a relevé qu’en 2024, la Côte d’Ivoire a importé environ 1,6 million de tonnes de riz et 800 000 tonnes de blé, pour un coût estimé à 133 milliards de FCFA, une situation qui fragilise la sécurité alimentaire et alourdit la balance commerciale. À cela s’ajoutent des pertes post-récoltes évaluées entre 20 et 30 % selon les filières, en raison notamment de capacités insuffisantes de transformation et de conservation.
Le ministre a, à cet effet, insisté sur le rôle structurant des collectivités territoriales dans la chaîne de valeur vivrière, en raison de leur proximité avec les populations. « Elles sont appelées à soutenir l’implantation de petites unités de transformation et à favoriser l’intégration des farines locales dans les cantines scolaires, les établissements sanitaires et les programmes sociaux », a-t-il souligné.
Il a également salué les initiatives du CDT et l’engagement des acteurs de la petite transformation, tout en réaffirmant la détermination du gouvernement à accompagner le secteur à travers des réformes structurantes
Il s’agit notamment des mesures fiscales incitatives pour les investissements agro-industriels, le renforcement des capacités techniques et managériales des acteurs, l’élaboration de stratégies dédiées à la petite transformation et la mise en place d’infrastructures de promotion des produits locaux.

Le directeur général du CDT, Méïté Bassessé, a présenté un projet visant à installer des unités régionales de production de pain à base de farines locales (manioc, banane plantain, maïs, etc.), afin de réduire la dépendance au blé importé et promouvoir la consommation locale.
Il a souligné que cette démarche, au-delà de l’enjeu économique, s’inscrit dans une dynamique d’éducation et de sensibilisation des populations à l’importance du « consommer local ».
Les Journées nationales de la transformation, prévues du 12 au 14 février 2026, réunissent décideurs publics, collectivités territoriales, opérateurs économiques, chercheurs et organisations professionnelles autour d’expositions, panels et présentations de solutions innovantes pour le développement de la transformation agro-industrielle en Côte d’Ivoire.
Ainsi, au terme de cette cérémonie d’ouverture, la 10ᵉ édition des Journées nationales de la transformation apparaît comme un cadre stratégique de réflexion et d’actions concertées pour bâtir une économie plus résiliente, fondée sur la valorisation des ressources locales.
En mettant l’accent sur l’implication des collectivités territoriales et la promotion des farines locales comme alternative crédible au blé importé, les autorités entendent faire de la transformation agro-industrielle un pilier de la souveraineté alimentaire et de la création d’emplois durables.
Pendant trois jours, les échanges et solutions proposées devront tracer les voies concrètes d’un « consommer local » renforcé, au service d’une Côte d’Ivoire plus autonome et compétitive.
(AIP)
zaar

