Abidjan, 13 fév 2026 (AIP) – Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme s’est dit, vendredi 13 février 2026, « extrêmement inquiet » face à l’aggravation de la crise socio-économique à Cuba, marquée par une sévère pénurie de carburant qui menace les services essentiels.
S’exprimant à Genève, la porte-parole du Haut-Commissariat, Marta Hurtado, a relayé les préoccupations du Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, pointant les effets combinés d’un embargo financier et commercial de longue date, de phénomènes météorologiques extrêmes et de récentes mesures américaines restreignant les livraisons de pétrole.
Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), des objectifs politiques ne sauraient justifier des actions qui portent atteinte aux droits humains. L’institution souligne que les sanctions sectorielles ont des « répercussions importantes et indiscriminées » sur la population.
La dépendance des systèmes de santé, d’alimentation et d’approvisionnement en eau aux combustibles fossiles importés aggrave la situation. La pénurie actuelle met en péril le fonctionnement des unités de soins intensifs et des services d’urgence, ainsi que la production, le stockage et la distribution de vaccins, de produits sanguins et de médicaments sensibles à la température.
Plus de 80% des équipements de pompage d’eau fonctionnent à l’électricité, rendant l’accès à l’eau potable et à l’assainissement particulièrement vulnérable aux coupures de courant. La pénurie de carburant perturbe également le système de rationnement et affecte les cantines scolaires, les maternités et les maisons de retraite, touchant de manière disproportionnée les populations les plus vulnérables.
Le HCDH estime que ces sanctions affaiblissent la capacité de l’État à assurer ses responsabilités fondamentales et accroissent le risque de tensions sociales. Il appelle toutefois les autorités cubaines à agir dans le respect du droit international des droits de l’homme, en privilégiant la médiation, la désescalade et la protection des libertés fondamentales.
À New York, le porte-parole du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Stéphane Dujarric, a indiqué que l’ONU suivait de près la situation et collaborait avec le gouvernement cubain pour renforcer l’assistance en matière d’alimentation, d’eau, d’assainissement et de santé.
Par ailleurs, le plan d’action lancé en novembre 2025 pour répondre aux conséquences de l’ouragan Melissa, qui a affecté plus de deux millions de personnes, nécessite 74 millions de dollars, mais n’est financé qu’à hauteur de 23%.
(AIP)
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