San Pedro, 14 fév 2026 (AIP) – Un partenaire de la Société de développement des forêts (SODEFOR), dans le cadre du Programme d’investissement forestier phase 2 (PIF2), N’Koh Ambroise, promeut des pratiques agricoles innovantes visant à créer un « label cacao-agro-forêt » au sein des agro-forêts de Sio, de la Haute Dodo et des Rapides Grah, situées dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire.
Au cours de l’atelier-bilan des activités du PIF2, tenu les mardi 10 et mercredi 11 février 2026 à San Pedro, le consultant du PIF2, M. N’Koh, a présenté son projet de cacao durable et biologique qui sera expérimenté cette année avec des producteurs installés dans ces forêts.
Il a expliqué que la production de cacao durable et biologique repose sur des techniques agricoles respectueuses de l’environnement, excluant l’utilisation d’intrants synthétiques polluants. Elle privilégie des produits biologiques fabriqués localement à partir d’éléments naturels collectés dans les plantations ou acquis auprès d’entreprises spécialisées dans les intrants biologiques.
Cette approche, dite agriculture climato-intelligente, ne pollue pas l’environnement et tient compte des aléas climatiques. Elle permet d’améliorer le rendement des plantations tout en préservant la santé des producteurs et des consommateurs.
M. N’Koh a précisé qu’il s’agira de former les chefs d’exploitation sélectionnés pour la mise en place de champs-écoles aux techniques de production et d’utilisation du bio-compost à partir des résidus de plantation, notamment des cabosses de cacao rejetées, en substitution aux engrais chimiques. Ils apprendront également à fabriquer des insecticides et fongicides biologiques à base de plantes aromatiques et médicinales.
Le consultant renforcera par ailleurs leurs connaissances sur l’itinéraire technique, allant de l’entretien des plantations à la bonne fermentation et au séchage optimal des fèves.
Selon lui, le cacao issu de ces plantations sera de très haute qualité et pourra être commercialisé sur des marchés de niche, auprès de chocolatiers exigeants en matière de normes, à des prix nettement plus élevés.
Cacaoculteur à Azaguié, dans le sud de la Côte d’Ivoire, président du conseil d’administration d’une coopérative et directeur exécutif du cabinet Intrant biologique matériel végétal consulting (IBVMC), M. N’Koh expérimente ces pratiques agricoles dans ses plantations depuis plusieurs années.
Sa production de cacao durable et biologique lui a valu plusieurs distinctions, notamment les International Cocoa Awards, où il a été classé premier producteur mondial pour la qualité du cacao en 2019 et 2021, ainsi qu’une médaille d’honneur au 10e salon de la cosmétique à Paris en 2024. Il intervient également comme vacataire dans plusieurs universités en physiopathologie et en agro-physiologie.
Cofinancé par la Banque mondiale et l’État ivoirien, le Programme d’investissement forestier phase 2, qui s’étend de février 2022 à février 2029, vise à préserver et à enrichir le couvert forestier existant tout en contribuant à l’amélioration des conditions de vie des communautés riveraines.

Le programme prévoit la réhabilitation des agro-forêts de Sio, de la Haute Dodo et des Rapides Grah, fortement dégradées, à travers un reboisement agroforestier mis en œuvre par les chefs d’exploitation cacaoyère après la signature de contrats agroforestiers avec la SODEFOR, qui assure un dispositif d’encadrement adapté. La SODEFOR a associé des partenaires privés afin d’atteindre cet objectif.
(AIP)
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