Sinfra, le 15 fév 2026 –L’esplanade de la grande mosquée s’est transformée en un véritable front sanitaire dans l’optique de débusquer le diabète et l’hypertension artérielle, deux pathologies souvent asymptomatiques qui menacent la santé des fidèles durant la période d’abstinence que constitue le mois de Ramadan.
Le jeûne du Ramadan constitue un défi physique majeur. Pour un organisme non préparé, ou pire, porteur d’une pathologie ignorée, le changement de rythme alimentaire peut s’avérer dangereux. C’est tout l’enjeu de cette opération de dépistage gratuite initiée le 8 février par la représentation locale de l’amicale des anciens de l’AEEMCI à Sinfra (3A-RLS).
« Cette initiative permet aux fidèles de connaître leur état réel avant de s’engager dans le jeûne. Savoir, c’est pouvoir adapter son alimentation et éviter des complications graves comme les malaises ou l’insuffisance rénale », a expliqué le président local de la 3A-RLS, Diakité Hamed.
Le personnel médical mobilisé n’a pas seulement effectué des prélèvements de glycémie et des prises de tension. Un véritable travail de pédagogie de terrain a été mené. Les participants ont été sensibilisés sur les facteurs de risque que constituent la sédentarité, l’excès de sel et de sucre, la fatigue anormale, maux de tête persistants, soif excessive, des signes d’alerte ainsi que la gestion du jeûne, à savoir équilibrer le repas de la rupture (Iftar) et celui de l’aube (Suhoor).
L’opération ne s’est pas arrêtée au simple diagnostic. Pour les cas détectés présentant des anomalies critiques, un protocole d’orientation a été mis en place. Ces patients ont été immédiatement dirigés vers les structures de santé de Sinfra pour un suivi médical rigoureux.
Cette action de proximité a été rendue possible grâce au mécénat de Dramé Moussa, un opérateur économique local. Son financement intégral de l’opération a permis d’offrir des examens qui, en temps normal, représentent un coût non négligeable pour les familles les plus modestes.
Pour les bénéficiaires, cette campagne est un soulagement. Diaby Adama, l’un des participants, témoigne : « Parfois, on a peur de savoir. Mais ici, on nous explique les choses avec bienveillance. C’est un grand cadeau que l’on nous fait avant le mois saint. » Même écho chez Cissé Mohamed, qui salue l’engagement des “fils de Sinfra” pour le bien-être de leur communauté.
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