Bondoukou, 17 fév 2026 (AIP) – Le directeur général de l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT), le général Allah Kouamé Joseph, a insisté sur la nécessité pour les États d’anticiper la menace terroriste par des réflexions et des analyses stratégiques, lundi 16 février 2026, à l’Université de Bondoukou,
« Dans cette guerre de sens et d’idées, la solution adaptée n’est pas uniquement la faculté de l’État à aligner des soldats derrière des baïonnettes, mais sa capacité à anticiper par des réflexions et des analyses stratégiques », a déclaré général Allah, lors d’une conférence publique sur le thème « La responsabilité des étudiants face à la propagande jihadiste en Afrique de l’Ouest ».
Dans un contexte sécuritaire régional marqué par l’évolution des menaces et l’intensification des stratégies d’endoctrinement idéologique, il a livré une analyse stratégique de la menace terroriste dans la sous-région, appelant à une mobilisation accrue du monde universitaire dans la prévention de la radicalisation.
Pour le directeur général de l’AILCT, l’espace ouest-africain connaît, depuis plusieurs décennies, une transformation profonde de sa carte sécuritaire qui n’obéit plus à une logique de confrontation classique. « Cette fois-ci, l’ennemi se développe, se métamorphose et se métastase à l’intérieur même des territoires étatiques », a-t-il affirmé, avant d’ajouter que « cet ennemi diffus est le terrorisme ».
Selon le général Allah Kouamé Joseph, le phénomène terroriste « a amorcé une phase conquérante de son développement en débordant son bastion sahélien », faisant du golfe de Guinée « un objectif stratégique » pour les groupes extrémistes.
Il a souligné que l’intensité et la récurrence des attaques dans l’espace sahélien démontrent la capacité tactique de ces groupes à faire face frontalement aux armées de la région, tout en s’adaptant continuellement aux évolutions géopolitiques.

« Au fil du temps, le terrorisme s’est imposé comme un acteur géopolitique majeur, recomposant les alliances stratégiques ainsi que les équilibres bilatéraux et régionaux. Ce climat anxiogène commande le renforcement des liens entre les institutions nationales », a-t-il poursuivi, insistant sur la nécessité d’une réponse globale et coordonnée face à la menace.
Dans cette dynamique, il a mis en exergue le rôle central des universités dans la compréhension et l’anticipation des défis sécuritaires contemporains.
« Les universités sont appelées à proposer une lecture stratégique des défis sécuritaires de notre pays, en convoquant une cartographie analytique des conflits, des alignements diplomatiques et des tensions régionales », a-t-il expliqué.
Pour lui, l’objectif est de permettre à la Côte d’Ivoire de s’adapter à un environnement géopolitique mondial en constante mutation, en s’appuyant sur la recherche académique, l’analyse stratégique et la formation d’une jeunesse consciente des enjeux de sécurité et de stabilité.
Cette conférence s’inscrit dans le programme « Café stratégique universitaire » mis en œuvre par l’AILCT, avec l’appui de partenaires techniques et financiers, en vue de sensibiliser la communauté universitaire aux mutations du terrorisme et de renforcer le rôle des étudiants comme acteurs de résilience face à l’extrémisme violent.
Ce projet, financé par l’Union européenne et confié à l’Expertise France depuis 2023, vise à appuyer les composantes civiles de l’AILCT, notamment l’Institut de recherche stratégique dirigé par Dr Elassena Diarra, à travers des activités de formation, de sensibilisation et d’échanges académiques dans plusieurs universités ivoiriennes.
L’Union européenne fait de la lutte contre la menace terroriste trans-régionale une priorité stratégique, en partenariat avec des pays comme la Côte d’Ivoire.
(AIP)
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