
Sur le plan légal et législatif, le commissaire a rappelé l’adoption de la loi de juillet 2015 portant répression du terrorisme, modifiée en 2018 pour intégrer le volet de la propagande terroriste, ainsi que la loi relative à la protection des témoins et dénonciateurs, jugée essentielle dans une lutte où « les terroristes vivent au sein même des populations ».
Au niveau structurel et institutionnel, il a mis en avant la création de plusieurs entités spécialisées, dont la Commission nationale des frontières, les comités départementaux de sécurité associant autorités locales et populations, ainsi que des structures de renseignement et d’analyse opérationnelle dédiées à la prévention des menaces terroristes.
S’agissant des actions opérationnelles, le commissaire Djezou Hyacinthe a souligné la mise en place dès 2016 d’une zone opérationnelle nord destinée à sécuriser les frontières, le renforcement du renseignement territorial, la construction de nouveaux postes frontaliers et la mise en œuvre de programmes sociaux visant à réduire la vulnérabilité des populations, considérée comme un facteur de radicalisation.
Il a insisté sur l’importance de la sensibilisation communautaire, notamment à travers la diffusion d’outils pédagogiques permettant d’identifier les signes de radicalisation et d’encourager la collaboration entre les populations et les forces de sécurité.
Au plan de la coopération internationale et régionale, l’intervenant a évoqué les mécanismes de partage du renseignement entre États de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et les initiatives conjointes entre pays côtiers confrontés à la progression des groupes terroristes depuis le Sahel vers le golfe de Guinée.
Il a relevé que l’attentat du 13 mars 2016 à Grand-Bassam a constitué un tournant majeur dans la prise de conscience nationale, conduisant les autorités ivoiriennes à renforcer rapidement le cadre de lutte contre le terrorisme. « À partir de cet événement, nous avons compris que la menace était réelle et qu’il fallait agir avec méthode et anticipation », a-t-il indiqué.
Pour lui, pendant longtemps, le terrorisme apparaissait comme un phénomène lointain pour les Ivoiriens. Il a souligné que la menace s’est rapprochée progressivement depuis le début des années 2000 avec l’occupation progressive du Sahel par des groupes extrémistes violents.
Selon lui, la dynamique régionale a évolué en quelques années, passant d’un épicentre sahélien à une pression accrue sur les pays du golfe de Guinée, obligeant la Côte d’Ivoire à anticiper une menace devenue transfrontalière et asymétrique.
Toutefois, il a souligné que des défis persistent, notamment les tensions politiques, les conflits intercommunautaires, la porosité des frontières et l’instabilité sécuritaire dans certains pays voisins, qui continuent d’alimenter le risque d’implantation des groupes terroristes.
(AIP)
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