Abidjan, 18 fév 2026 (AIP) – Le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique a ouvert, mardi 17 février 2026 à Cocody-Abidjan, un atelier national de validation du cinquième rapport sur l’application du Protocole de Cartagena, réunissant des représentants de l’État, des chercheurs, des organisations de la société civile et des experts du secteur privé.
Cette rencontre de deux jours vise à consolider le rapport national avant sa transmission officielle aux instances internationales, prévue au plus tard le 28 février 2026, conformément aux obligations des États parties. Les participants sont appelés à examiner et valider techniquement le document, afin de produire une synthèse fidèle aux réalités nationales et utile à l’orientation des politiques publiques.
Dans son allocution, le représentant du ministre de l’Environnement, le Pr Georges Kouadio, a salué l’engagement des parties prenantes et rappelé la vision du ministre Abou Bamba, présenté comme un expert des enjeux environnementaux. Il a souligné l’importance des batailles diplomatiques menées pour intégrer les préoccupations africaines dans les accords internationaux, citant notamment les négociations climatiques de Paris en 2015.
Au-delà de la dimension internationale, le Pr Kouadio a insisté sur la rigueur scientifique et la transparence des travaux. « Il ne faut plus danser la danse des sorcières », a-t-il lancé, appelant à une approche objective et sans complaisance pour produire un rapport crédible et opérationnel.
Le représentant du ministre a mis en garde contre les usages incontrôlés des innovations biotechnologiques, évoquant l’emploi excessif d’herbicides et les débats autour des organismes génétiquement modifiés (OGM), tout en rappelant la nécessité de préserver les ressources génétiques locales.
Pour lui, la biosécurité n’est pas un frein au progrès, mais un levier indispensable pour garantir que les avancées biotechnologiques bénéficient durablement aux populations, sans compromettre la santé humaine ni l’environnement.
La gouvernance de la biosécurité en Côte d’Ivoire repose désormais sur plusieurs instruments juridiques, dont la loi de 2016 sur le régime de biosécurité, le Code de l’environnement adopté en 2023 et divers décrets encadrant l’introduction, l’exportation et l’évaluation des produits susceptibles d’impacter la biodiversité. Ces mesures s’inscrivent dans la dynamique mondiale initiée lors du Sommet de Rio en 1992, marqué par l’Agenda 21 et la Convention sur la diversité biologique.
La directrice générale de l’Environnement, Jeanne N’Tain, a rappelé que la biodiversité repose sur trois piliers que sont la conservation des ressources biologiques, leur utilisation durable et le partage équitable des avantages issus de leur exploitation. Elle a également insisté sur la nécessité de réguler la biotechnologie moderne, qui offre des opportunités majeures dans les domaines agricole, alimentaire et sanitaire, tout en comportant des risques potentiels.
Selon Jeanne N’Tain, le cinquième rapport national constitue un document stratégique, mettant en lumière les progrès réalisés, les lacunes et les défis persistants. Son adoption permettra de respecter les engagements internationaux de la Côte d’Ivoire et d’orienter les politiques publiques futures en matière de biosécurité et de protection de la biodiversité.
Pays partie au Protocole de Cartagena depuis le 12 mars 2015, la Côte d’Ivoire poursuit le renforcement de son cadre politique et juridique pour encadrer l’usage des produits issus de la biotechnologie moderne, notamment les OGM, dans une perspective de développement durable et de sécurité alimentaire.
(AIP)
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