Abidjan, 18 fév 2026 (AIP) – Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a accueilli le président turc, Recep Tayyip Erdogan, en visite officielle à Addis-Abeba, marquant une nouvelle étape dans le renforcement des relations bilatérales entre l’Éthiopie et la Turquie.
La rencontre s’est soldée mardi 17 février 2026 par la signature d’accords économiques majeurs, dans un contexte régional sensible.
Selon des médias internationaux, deux accords stratégiques ont été conclus, principalement dans le secteur de l’énergie. Ankara entend consolider sa position de partenaire clé d’Addis-Abeba, notamment dans le domaine de l’hydroélectricité, en mettant en avant son expertise technique et son savoir-faire industriel.
L’Éthiopie, engagée dans la poursuite du développement du Grand barrage de la renaissance (GERD), cherche à diversifier et à accroître ses capacités énergétiques au-delà de ce mégaprojet structurant. Pour la Turquie, cette dynamique représente à la fois des opportunités économiques substantielles et un levier d’influence stratégique dans la Corne de l’Afrique.
Cette visite s’inscrit dans une tournée régionale du chef de l’État turc, qui l’a également conduit en Arabie saoudite et en Égypte. Elle coïncide avec la célébration du centenaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays, renforçant sa portée symbolique.
À son arrivée, Recep Tayyip Erdogan a été accueilli avec les honneurs officiels – cavalerie, fanfare, défilé militaire et réception au Palais national, ancien palais impérial d’Haïlé Sélassié récemment rénové. Il s’agit de sa première visite en Éthiopie depuis onze ans, un déplacement interprété comme un signal fort de relance du partenariat bilatéral.
Sur son compte X, Abiy Ahmed a salué « l’amitié durable » et « la coopération solide » entre les deux nations, faisant état d’échanges approfondis sur les enjeux économiques et sécuritaires.
Au-delà de l’économie, la dimension sécuritaire occupe une place centrale dans ce rapprochement. Depuis le conflit au Tigré, la Turquie a renforcé sa coopération avec l’Éthiopie, notamment à travers la fourniture d’équipements liés aux drones et l’appui en expertise spécialisée. Alors que des tensions persistent dans les régions d’Oromia et d’Amhara, ainsi qu’avec certaines forces tigréennes, Addis-Abeba cherche à consolider ses capacités de défense.
De son côté, Recep Tayyip Erdogan a appelé les pays de la Corne de l’Afrique à privilégier le dialogue pour résoudre leurs différends, mettant en garde contre toute ingérence extérieure susceptible de transformer la région en « arène pour les puissances étrangères ».
Le président turc a également critiqué la reconnaissance du Somaliland par Israël en décembre dernier, estimant qu’une telle décision ne contribuerait ni à la stabilité du territoire concerné ni à celle de l’ensemble de la région. Une déclaration qui intervient alors que les équilibres géopolitiques dans la zone demeurent fragiles.
Cette visite confirme la volonté d’Ankara et d’Addis-Abeba de consolider un partenariat stratégique multidimensionnel, à la croisée des enjeux économiques, énergétiques et sécuritaires, dans un environnement régional en recomposition.
(AIP)
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